Meilleure santé: une analyse des politiques et des programmes publics qui sont fondés sur les déterminants et les résultats de santé et qui sont efficaces pour avoir des populations les plus en santé

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Messages Principaux

Bien qu’il existe, au Canada, d’importantes inégalités de santé, peu de mesures ont été prises par les différents ordres de gouvernement – municipal, provincial/territorial et fédéral pour les réduire au moyen des déterminants sociaux de la santé (DSS) et des politiques publiques.

Le revenu, le logement, l’insécurité alimentaire et l’exclusion sociale sont quatre grands
déterminants sociaux dans la production et la reproduction des inégalités de santé au cours de la vie (enfance, âge adulte et vieillesse).

Les personnes et les familles à faible revenu ont des taux de mortalité et de morbidité
considérablement plus élevés et utilisent davantage les services de santé que celles à revenu moyen et élevé. Bien que les inégalités de santé entre les 20 p. 100 plus riches et les 20 p. 100 plus pauvres aient diminué de 1971 à 1996 au Canada, un suivi continu est nécessaire étant donné que l’inégalité de revenus a augmenté au cours de la dernière décennie.

L’insécurité alimentaire et la précarité du logement sont corrélées à une mauvaise santé et expliquent le lien entre le revenu et la santé (la faim et la précarité du logement affectent la santé et résultent des bas revenus). Les taux de mortalité chez les sans-abri et les personnes en logement précaire étaient beaucoup plus élevés qu’on ne s’y attendrait si le seul facteur considéré était la faiblesse du revenu.

L’exclusion sociale est un solide déterminant des inégalités de santé, mais ses effets dépendent des groupes faisant l’objet de comparaison. Les conséquences de l’exclusion sociale sur la santé sont les plus inégales entre les groupes autochtones et non autochtones. Quant aux immigrants, les nouveaux arrivants jouissent d’une meilleure santé que les résidents de longue durée. Comparativement aux groupes ethniques non minoritaires, les groupes minoritaires raciaux/ethniques sont plus susceptibles d’être défavorisés sur le plan sanitaire et social. Cependant, il n’existe aucune corrélation claire entre inégalités de santé et groupes minoritaires raciaux/ethniques.

La prise de mesures sur les DSS pour réduire les inégalités de santé présente de nouvelles possibilités pour la profession infirmière d’élargir son rôle, notamment:

  • en appuyant des initiatives qui réduisent les niveaux de pauvreté chez les enfants et les adultes en augmentant l’aide financière et les salaires sociaux (DSS) par le biais des fonds publics;
  • en appuyant des initiatives qui augmentent le salaire minimum au niveau du « salaire de subsistance » pour s’assurer que la sécurité économique, le logement stable et les besoins alimentaires sont satisfaits;
  • en appuyant des campagnes et des mouvements sociaux qui militent pour l’imposition progressive, le droit à la sécurité alimentaire et au logement abordable, et l’application des lois qui défendent les droits des groupes socialement exclus;
  • en préconisant des mesures intersectorielles en matière de santé à l’échelle des gouvernements municipaux, provinciaux/territoriaux et fédéral afin de coordonner l’action des secteurs extérieurs au secteur de la santé;
  • en soutenant des partis politiques fédéraux et provinciaux/territoriaux qui sont réceptifs à l’adoption des mesures sur les DSS (telles que des mesures favorables aux travailleurs et valorisant la répartition de la richesse);
  • en encourageant une plus grande démocratie au travail pour augmenter le nombre de lieux de travail syndiqués, puisque les syndicats constituent des déterminants importants des États providence généreux, une réduction des inégalités sociales et une meilleure santé de la population.