St. Joseph’s Health Care London : regrouper les services afin d’améliorer les soins prodigués aux patientes atteintes du cancer du sein

par admin admin | août 18, 2010

Messages principaux

Le regroupement des services au même endroit à London (Ontario) se traduira par l’accès rapide au traitement du cancer du sein, la réduction des temps d’attente et l’offre d’un seul point de contact quels que soient les besoins.

La consolidation des programmes de dépistage et le recours à la mammographie numérique auront pour effet d’augmenter la capacité d’environ 20 p. 100, tandis que la coordination des rendez-vous d’évaluation et de diagnostic le même jour diminuera la charge de travail du technologue et du radiologiste du fait que les résultats de tous les examens de la patiente lui seront transmis au cours d’une seule consultation.

Le regroupement des équipes administratives, technologues et infirmières favorisera la gestion durable des ressources humaines ainsi que le remplacement en période de vacances et le répit dans ce milieu de travail générateur de stress pour ainsi produire des économies d’échelle.

Lorsque le patient est au coeur des interventions, tout va pour le mieux du coup.

Cette phrase résume la situation à London (Ontario) où les femmes atteintes de cancer du sein devaient auparavant se déplacer d’un établissement à un autre dans la région pour obtenir le diagnostic puis le traitement de la maladie. Quatre établissements dispersés dans la ville de London offrent des services dans le domaine du cancer du sein, et bon an, mal an, on dénombre 37 600 consultations (à l’exception des séances de chimiothérapie ou de radiothérapie) à London. Chaque fois qu’une patiente passe d’un établissement à un autre, la continuité des services en souffre et l’attente se prolonge – la plus grande inquiétude de la personne atteinte de cancer, selon madame Jane Stacey, coordonnatrice de l’accès rapide à l’oncologie à l’hôpital St. Joseph’s Health Care de London. « Parce que ce parcours est sinueux, le cheminement clinique est long. »

À London, l’attente en prévision de la chirurgie une fois la tumeur diagnostiquée est près du double de la période moyenne en Ontario. La période s’étirant du diagnostic à l’intervention chirurgicale peut être ponctuée de trois ou quatre rendez-vous, sans compter que la chirurgie peut être effectuée à l’un ou l’autre de trois établissements dotés de leur propre structure de soutien. Dans ce contexte, il est impossible d’assurer la continuité des soins dans la ville. Le pire, c’est que l’on perd de vue la patiente le long du processus décisionnel. « Quand elles franchissent la porte, j’ai l’impression que nous les abandonnons à leur sort », déplore Jane Stacey. « Personne ne se soucie du point de vue de la patiente, de son périple. »

Pour améliorer la prise en charge du cancer du sein, l’organisme a convenu de réorganiser les services de santé en vertu d’un nouveau modèle prévoyant le regroupement des services nécessaires dans un seul établissement – un centre de traitement du cancer du sein d’accès rapide offrant les services de dépistage, de diagnostic et de chirurgie.

Concrétiser la vision

Cette vision est en voie de devenir une réalité, la mise en oeuvre étant prévue en septembre 2010. Le nouveau centre ne proposera pas la chimiothérapie, ni la radiothérapie, qui seront toujours offertes par l’entremise du programme de cancérologie régional de London. Une équipe multidisciplinaire sera chargée d’élaborer les plans de traitement personnalisés et une équipe d’infirmières pivots accompagnera les patientes tout au long du cheminement clinique allant de l’imagerie à la chirurgie. Le centre s’alliera à des partenaires de la collectivité afin de faire connaître les réseaux de soutien communautaires aux patientes. Il deviendra ainsi un centre d’excellence dans le domaine du cancer du sein, où l’attente à tous les points du cheminement sera réduite et où la qualité des services de santé sera améliorée.


« L’intérêt ne réside pas dans la prochaine mammographie, c’est tout le cheminement clinique qui nous préoccupe. »

- Dr. Donald Taves, chef du Service ds radiologie


Suzie Almeida, coordonnatrice clinique, ne connaît pas de centres comparables structurés de la sorte au Canada. « Nous reprenons des éléments décrits dans la documentation et des éléments qui ressortent des consultations », dit-elle. « Le but ultime consiste à mettre l’information et les ressources offertes à la disposition de toutes les patientes. Elles pourront alors choisir ce qui leur convient. »

Le point de vue de la patiente

C’est en janvier 2009 que Keri Hanlon a su qu’elle était atteinte de cancer du sein. Elle a subi une chirurgie mammaire conservatrice, de la chimiothérapie et de la radiothérapie, puis une mastectomie. « L’an dernier a été l’année la plus éprouvante de ma vie », de dire cette femme de 37 ans, mère de deux jeunes enfants. La maladie l’a frappée avant que le nouveau centre de prise en charge du cancer du sein d’accès rapide soit en place, mais elle se réjouit de cette mesure qui sera certes bénéfique à d’autres femmes à l’avenir. « Si tout était regroupé au même endroit, personne n’aurait à se soucier de faire suivre les dossiers, de savoir où aller. Ce serait tellement plus facile. »

Consolider, propérer et économiser!

En ce moment, ce ne sont pas que les patientes qui se déplacent d’un coin à l’autre de la ville, les chirurgiens et les radiologistes empruntent le même parcours. Grâce au nouveau modèle de prestation des services, ils perdront beaucoup moins de temps à se déplacer. De plus, si le chirurgien désire consulter son collègue radiologiste, il n’aura qu’à traverser le couloir. « Grâce au nouveau programme général, les personnes aux vues similaires auront la possibilité de travailler ensemble sous le même toit », se réjouit le docteur Donald Taves, l’un des deux chefs du Service de radiologie, London St. Joseph’s Health Care et London Health Sciences Centre. « La synergie surpasse de loin l’effet additif. »

Le docteur Taves prévoit que le programme général s’épanouira, regroupant toute la gamme des professionnels de la santé. Il est particulièrement fier du fait qu’il n’entraînera pas de couts additionnels et qu’il permettrait même d’en épargner. Ces économies proviendront du moins grand nombre d’appareils de mammographie à l’échelle du système, de l’utilisation plus efficiente des ressources humaines et de l’exploitation d’une salle réservée aux interventions sous anesthésie locale telle la chirurgie mammaire conservatrice. En outre, l’augmentation du nombre de femmes soumises au dépistage du cancer du sein engendrera des économies, car le traitement du cancer de stade précoce est moins coûteux que le traitement du cancer évolué, sans compter qu’il a plus de chance d’aboutir à la guérison.

« Nous avons consacré les 12 dernières années à cet objectif », précise le docteur Taves. « L’intérêt ne réside pas dans la prochaine mammographie, c’est tout le cheminement clinique qui nous préoccupe. »

Contact:

Jane Stacey
Coordonnatrice, Accès rapide
Oncologie
St. Joseph’s Health Care, London
Jane.stacey@sjhc.london.on.ca

Ce numéro de Passez le mot! présente quatre organismes de santé du Canada qui portent sur quatre organismes de santé canadiens qui ont intégré le patient dans l’équipe soignante.

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