Office régional de la santé de Winnipeg – La sécurité des patients est LA priorité

par admin admin | nov. 01, 2009
À l’Office régional de la santé de Winnipeg, la sécurité des patients est bien plus que le « parfum du mois ». La sécurité des patients est LA priorité du conseil d’administration. Il est aussi possible de mettre un visage sur cet engagement. Les membres du comité chargé de la sécurité des patients, de la qualité et de l’innovation examinent le cas de chaque patient décédé à la suite d’un événement indésirable.

Messages principaux

Depuis la réorganisation effectuée par le président du conseil d'administration, John Wade, le comité chargé de la sécurité des patients, de la qualité et de l'innovation, et le comité responsable de la santé autochtone sont les comités principaux du conseil d'administration de l'organisme.

La sécurité des patients, la qualité et l'innovation sont LA priorité du conseil d'administration, et passent avant les finances.

L'organisme a investi massivement dans l'embauche de spécialistes de la sécurité des patients et dans la création d'en créant des équipes chargées d'examiner les événements critiques.

À l’Office régional de la santé de Winnipeg, la sécurité des patients est bien plus que le « parfum du mois ».

Grâce à l’engagement du conseil d’administration et de la haute direction de l’organisme, la sécurité des patients est LA priorité. Il est aussi possible de mettre un visage sur cet engagement, car, les membres du comité chargé de la sécurité des patients, de la qualité et de l’innovation examinent le cas de chaque patient décédé à la suite d’un événement indésirable survenu dans l’un des hôpitaux ou établissements de santé de la région.

Il s’agit d’une méthode d’évaluation extrêmement efficace. « De nombreux conseils d’administration sont peu familiers avec cette méthode », fait remarquer le Dr Rob Robson, agent en chef de la sécurité de l’organisme.

John Wade, ancien sous-ministre de la Santé, a accepté, en 2007, la présidence du conseil d’administration de l’organisme. Ancien président de l’Institut canadien pour la sécurité des patients, M. Wade a réorganisé la structure du conseil d’administration pour y inclure un comité chargé de la sécurité des patients, de la qualité et de l’innovation, ainsi qu’un comité responsable de la santé des Autochtones.

« Lorsque je suis devenu président, le conseil d’administration était semblable à tous les autres conseils d'administration – on y passait le plus clair de notre temps à parler de finances », souligne M. Wade. Tout en admettant que les questions financières restent un aspect important de son mandat, M.Wade voulait que les administrateurs profitent de l’expérience acquise et des leçons apprises dans ses emplois précédents. « Nous avons décidé qu’il était temps de modifier la gouvernance. En un mot, nous croyons que le conseil d’administration doit d’abord mettre les patients au centre de sa démarche et trouver des façons d’instituer des changements positifs afin de les servir. »

Nous croyons que le conseil d'administration doit d'abord mettre les patients au centre de sa démarche et trouver des façons d'instituer des changements positifs afin de les servir.

M. Wade a organisé des ateliers dans le but d’informer d’autres membres du conseil sur l’importance de modifier le fonctionnement de l’organisme, au moyen d’une approche de gestion descendante, afin de mettre les patients au centre du fonctionnement de l’organisme. De cette façon, les comités du conseil ont un plus grand rôle à jouer dans l’examen des rapports remis par le PDG et la haute direction. Ce ne sont pas tous les membres qui examinent les rapports, à moins qu’un membre désire discuter d’un point particulier. Le conseil consacre la plupart de son temps à discuter de la sécurité des patients et de la qualité des soins, et à chercher des façons novatrices d’apporter les changements systémiques requis pour instituer une véritable réforme.

Depuis son embauche, en 2003, M. Robson peut compter sur l’appui indéfectible du conseil d’administration. Ce dernier l’assiste dans sa tâche de modifier la culture organisationnelle afin que les 24 000 employés de l’organisme se préoccupent davantage de la sécurité des patients. Pour encourager cette nouvelle attitude, M. Robson a organisé des visites des établissements de l’organisme, au cours desquelles les cadres supérieurs des hôpitaux et des autres établissements sont allés sur le terrain et ont écouté les intervenants de première ligne. Il a, de plus, créé de petits comités chargés de la sécurité qui rencontrent brièvement les équipes de soins, au début et à la fin de leur quart de travail, afin de transmettre aux équipes qui arrivent toute question relative à la sécurité.

Augmentation de la déclaration d’événements : une « bonne chose »

D’après les statistiques, il se produit, chaque année, environ 158 000 événements médicaux indésirables dans les établissements de soins de courte durée au Canada, dont près de 60 000 sont évitables. S’appuyant sur ces données, et reconnaissant qu’au Canada quelque 17 000 patients meurent chaque année des suites d’un acte médical indésirable, l’organisme a travaillé en collaboration avec le gouvernement du Manitoba afin d’édicter une loi qui oblige la déclaration et la divulgation de ces événements.

L’organisme a mis en place un système électronique et une base de données pour faire le suivi des événements cliniques majeurs déclarés. Toutefois, les événements indésirables sont d’abord déclarés au moyen d’une ligne téléphonique, en service 24 heures sur 24. M. Robson croit que la déclaration des événements en direct place l’accent sur le contenu et se traduit ainsi par une description beaucoup plus détaillée.

Ensuite, une équipe chargée de l’examen des événements critiques déclarés étudie chaque événement critique déclaré et, achemine aux cadres supérieurs ceux qui nécessitent une intervention. Les rapports de l’équipe sont diffusés sous la forme de résumés d’événement envoyés par le bureau de M. Robson dans l’autorité sanitaire et aux autres autorités sanitaires et organismes de santé intéressés. « Nous faisons également le suivi des recommandations afin de nous assurer qu’on y donne suite », affirme le Dr Brock Wright, vice-président principal des services cliniques et directeur de la santé de l’organisme.

La Loi sur la preuve au Manitoba protège la confidentialité des données probantes dont discutent les équipes chargées de l’examen des événements critiques, ce qui signifie que les membres peuvent parler franchement, sans craindre que les rapports aboutissent devant les tribunaux.

La sécurité des patients étant devenue une « priorité organisationnelle importante », selon le Dr Wright, la déclaration d’événements indésirables s’est donc accrue. Ce qui est en soi une bonne chose. « Nous encourageons la déclaration des événements indésirables parce que, comme la plupart des autorités sanitaires, nous nous préoccupons de la sous-déclaration », ajoute le Dr Wright. Selon M. Robson, si le nombre d’événements déclarés par les employés augmente, c’est, notamment, parce qu’ils se rendent compte que, en diffusant les résumés d’événement, l’organisme prend leurs préoccupations au sérieux et s’engage à régler les problèmes.

Utilisation des données probantes pour améliorer les soins aux patients

En plus de mettre l’accent sur la sécurité, l’organisme dirige des projets à long terme, qui ont des retombées sur les soins aux patients. Par exemple, Trish Bergal, directrice de l’utilisation des ressources en milieu hospitalier, a revu la littérature afin de comprendre pour quelle raison le nouveau logiciel de l’organisme, utilisé pour faire le suivi des retards dans les congés susceptibles de ralentir le flux des patients et d’engorger les salles d’urgence, ne donne pas les résultats escomptés, c’est à dire réduire la durée du séjour des patients. Le travail de Mme Bergal a aidé à déterminer les lacunes du système et à mettre en évidence l’importance d’atteindre, grâce à de meilleures directives, les objectifs pour lesquels a été conçu le logiciel. Pour ce faire, l’organisme a créé une équipe de ressources cliniques composée de trois personnes, qui se rendent dans les hôpitaux ou d’autres établissements de soins cliniques, pour aider le personnel à utiliser le logiciel et à modifier leurs pratiques afin d’améliorer le flux des patients.

En ce moment, le conseil d’administration tente de déterminer les indicateurs qui mesurent vraiment la sécurité des patients et la qualité des soins; il tente également de déterminer si l’organisme atteint ses objectifs. Toutefois, dans l’ensemble, le conseil d’administration de l’organisme a soutenu toutes les modifications proposées par les cadres supérieurs et le personnel pour créer un environnement sécuritaire et de qualité supérieure pour les patients. « Le conseil nous appuie vraiment comme gestionnaire. Lorsque nous portons à son attention de nouvelles questions, il nous laisse déterminer les aspects de la sécurité des patients qui s’y rattachent; il nous appuie chaque fois que nous instituons des changements importants », précise le Dr Wright.

Rob Robson est d’avis que la tendance du comité chargé de la sécurité des patients, de la qualité et de l’innovation à considérer chaque décision du conseil sous l’angle de la sécurité des patients porte des fruits. « Il s’agit d’un comité très puissant et militant dit-il. Je crois qu’il consolidera la priorité donnée à la sécurité dans notre région et les activités de l’organisme. »

Mise en garde :

Passez le mot! est publié par la Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé. Financée dans le cadre d’une entente conclue avec le gouvernement du Canada, la FCRSS est un organisme indépendant et sans but lucratif qui a pour mandat de promouvoir l’utilisation des données probantes afin de renforcer l’offre de services destinés à améliorer la santé des Canadiens et des Canadiennes. Les opinions et les intérêts exprimés par les personnes distribuant ce document ne représentent pas nécessairement ceux du gouvernement du Canada. © FCRSS 2009


Notes en bas de page
Trish Bergal et Brock Wright sont des boursiers du programme FORCES – Formation en utilisation de la recherche pour cadres qui exercent dans la santé – un programme destiné à renforcer la capacité et le leadership en optimisant l’utilisation des données de recherche dans les organismes de santé canadiens. Le programme est administré par la FCRSS et reçoit l’appui d’un groupe d’organisations partenaires.