Répondre aux besoins de la collectivité : le Centre d’excellence pour la santé des femmes de la Saskatchewan est bien ancré dans la tradition

par admin admin | févr. 01, 2009
Un examen mené en 2002 par le Conseil tribal File Hills Qu’Appelle a révélé un certain nombre de problèmes dans leur système de santé régional, lequel offre des services à une population jugée « à risque ». Découvrez le Centre d’excellence pour la santé des femmes, un environnement holistique, accueillant où les infirmières praticiennes, les sages-femmes et les aidantes des femmes offrent aux patientes une combinaison unique de soins de santé occidentaux et de guérison traditionnelle autochtone.

Messages principaux

Le Centre d’excellence pour la santé des femmes de l’hôpital All Nations Healing de Fort Qu’Appelle, en Saskatchewan, constitue une solution unique et novatrice pour améliorer l’état de santé des femmes autochtones et de leurs enfants.

Le personnel infirmier praticien, la sagefemme et l’aidante des femmes assurent un accès à une gamme complète de soins de santé maternelle et infantile holistiques, axés sur le patient et adaptés à la culture.

En mettant davantage d’efforts sur la promotion de la santé et la prévention des maladies, le personnel infirmier praticien peut intervenir tôt et contribuer à éviter la détérioration des conditions chroniques et à limiter les thérapies coûteuses, ce qui permet de réduire les coûts des soins de santé.

Mis sur pied il y a tout juste deux ans, le Centre d’excellence pour la santé des femmes (Women’s Health Centre) a déjà apporté de grands changements dans la vie des femmes et des enfants de la petite collectivité rurale de Fort Qu’Appelle, en Saskatchewan. Le personnel infirmier praticien du centre est à l’avant-scène de ces progrès.

Le centre, qui se spécialise dans les soins de santé primaires destinés aux femmes et aux enfants, est unique dans la province. Il est rattaché à l’hôpital All Nations Healing, l’un des premiers établissements de santé au Canada appartenant au Conseil tribal de Touchwood Agency et au Conseil tribal de File Hills Qu’Appelle des Première nationas, géré par ce dernier.

Bien que le Centre d’excellence pour la santé des femmes vise à améliorer l’état de santé des femmes autochtones et de leurs jeunes enfants, l’hôpital All Nations Healing a pour objectif global d’assurer que tous les membres de la collectivité sont accueillis, respectés et soutenus dans leurs démarches pour combler leurs besoins en matière de santé et de bien-être. Des soins de santé primaires holistiques, axés sur le client et adaptés à la culture sont fournis par deux infirmières praticiennes à temps plein, deux infirmières praticiennes occasionnelles et une sage-femme, avec le soutien d’une aidante des femmes et d’assistantes administratives, et la collaboration d’un médecin en santé communautaire.

Stella DeVenney, infirmière praticienne en chef au Centre, dit que les infirmières praticiennes agissent dans tous les aspects de leur pratique. Elles fournissent des soins de santé et des services de gestion des cas complets qui tiennent compte du bien-être physique, social, mental et spirituel et qui sont ancrés dans les principes et les croyances traditionnelles ainsi que des valeurs telles que le respect et la dignité. Les femmes reçoivent le soutien nécessaire pour faire leurs propres choix éclairés.

Répondre aux besoins de la collectivité

Plusieurs femmes et enfants autochtones vivent dans des conditions qui compromettent leur santé. Tout en sachant que les raisons de cette situation sont complexes et sans aucun doute liées aux déterminants sociaux de la santé, le Conseil tribal File Hills Qu’Appelle (CTFHQ) voulait faire plus. Il a donc mené un examen complet des mesures nécessaires pour améliorer les services de santé pour les femmes et les enfants de ses collectivités.

Selon Maureen Klenk, une infirmière praticienne du Centre d’excellence pour la santé des femmes et professeure au programme de formation du personnel infirmier praticien de l’Institut des sciences appliquées et de la technologie de la Saskatchewan, les résultats initiaux étaient loin d’être encourageants : l’examen effectué par le CTFHQ a révélé un système relevant de diverses compétences et incapable d’assurer de façon adéquate des communications ou des services d’aiguillage, un partage de l’information ou une gestion des soins et des cas pour une population considérée « à risque » pour de nombreuses raisons sanitaires et socio-économiques.

Pour améliorer l’état de santé des femmes et des enfants de la région, il fallait adopter une approche novatrice, qui tiendrait compte de l’administration pluripartite du système de santé et de la dynamique culturelle des membres des Premières nations. En octobre 2006, le CTFHQ et ses partenaires ont obtenu du financement fédéral du Fonds pour l’adaptation des services de santé afin de consolider les services de santé destinés aux femmes et aux enfants à l’hôpital All Nations Healing.

Le Centre d’excellence pour la santé des femmes a ouvert ses portes en août 2007. Il reçoit de 60 à 70 nouvelles patientes chaque mois, des femmes de tous les âges. Mme Klenk affirme que le personnel du centre s’assure que les femmes reçoivent d’abord les soins dont elles ont besoin – la question à savoir quelle compétence paiera la facture est secondaire.

Le centre offre aux patientes une combinaison unique de soins de santé occidentaux et de guérison traditionnelle autochtone. Selon Mme Klenk, il est essentiel pour le centre d’adapter toutes ses activités à la culture.

J'apprécie le fait qu'on y réponde de façon ouverte et chaleureuse à mes besoins sans critique ni mépris L'atmosphère amicale balaie bien des craintes, ce qui est merveilleux et très précieux.

L’aidante des femmes détient un rôle central : elle écoute les femmes, détermine leurs besoins et les assiste sur la voie de la guérison. Ce rôle n’est pas vraiment nouveau, explique Stella DeVenney. Il s’agit en fait d’un retour du rôle de « femme sage » dans la collectivité. Plusieurs femmes autochtones se sont éloignées de leurs croyances culturelles traditionnelles; l’aidante des femmes les aide à trouver les ressources dont elles ont besoin pour revenir à ces croyances. «L’aidante des femmes représente “l’oreille” de la communauté, celle qui permet aux travailleurs de la santé de demeurer aussi proche que possible de la communauté dans laquelle ils pratiquent», dit-elle.

Les patients cultivent des sentiments extrêmement passionnés à l’égard de leur clinique. Il y a de quoi : la plupart n’avait jamais fait l’expérience de soins de santé intégrés, holistiques, axés sur le client et adaptés à la culture. « Je suis si reconnaissante d’avoir le privilège de bénéficier d’un centre de santé pour femmes dans ma vie et dans ma région», s’exclame Ida, une arrière-grand-mère de 82 ans. «J’apprécie le fait qu’on y réponde de façon ouverte et chaleureuse à mes besoins sans critique ni mépris. L’atmosphère amicale balaie bien des craintes, ce qui est merveilleux et très précieux.» Les commentaires des autres membres de la collectivité vont dans le même sens.

Améliorer l’accès aux services de santé

Le Centre d’excellence pour la santé des femmes, dirigé par du personnel infirmier praticien, a amélioré notamment l’accès aux services diagnostiques et de laboratoire, aux traitements, aux services de soutien à la santé et à la famille et au programme culturel pour les patients, qui n’ont plus à subir les délais et coûts supplémentaires liés aux déplacements plus longs.

Mme DeVenney explique qu’un accès accru « ne signifie pas simplement que le centre est situé au coeur de la collectivité et qu’il est facile de s’y rendre à partir de l’hôpital ». Cela tient aussi au fait que les femmes se sentent à l’aise avec les services qui y sont offerts. Par exemple, plusieurs patientes apprécient que le centre ne soit ouvert qu’aux femmes. La clinique rejoint de nombreuses femmes des Premières nations – le centre effectue un grand nombre d’examens physiques, jusqu’à 35 par mois – et plusieurs reviennent pour recevoir des soins de suivi. Le centre offre également ses services aux femmes qui sont mal desservies ou qui ne bénéficient pas des services de santé, par le truchement de cliniques d’extension dans les collectivités de Premières nations voisines et au moyen de journées communautaires de la santé des femmes.

Un accès amélioré signifie aussi que le centre permet de restreindre les dépenses en santé. Puisque les patientes sont à l’aise avec les services assurés par le centre, elles sont plus enclines à se faire soigner régulièrement, ce qui prévient l’escalade et la détérioration des conditions chroniques et une augmentation des maladies graves. En mettant davantage d’efforts sur la promotion de la santé et la prévention des maladies, le personnel infirmier praticien peut intervenir tôt et ainsi contribuer à limiter les thérapies coûteuses. En outre, le nombre de patientes se présentant aux cliniques externes et aux salles d’urgence de la région a diminué.

Vers l’avenir

Le Centre d’excellence pour la santé des femmes de l’hôpital All Nations Healing a des plans d’envergure pour l’avenir. Grâce à des fonds supplémentaires du Fonds pour l’adaptation des services de santé, il ramène les accouchements à faible risque dans la communauté.

Le centre fournit déjà des soins prénataux et postnataux pour les grossesses à faible risque, mais ce financement permettra d’offrir également sur place une gamme complète de services de maternité adaptés aux besoins spécifiques des femmes autochtones. Les femmes de la collectivité pourront alors être assurées que l’hôpital All Nations Healing possède l’équipement et la capacité nécessaires pour réaliser des accouchements et qu’elles n’ont plus à quitter la collectivité pour mettre au monde leurs enfants.

Au Centre d’excellence pour la santé des femmes, la satisfaction des patientes est extrêmement élevée, et les résultats des sondages sont incroyablement positifs. Non seulement les clientes sont satisfaites, mais selon Mme Klenk, le centre constitue également un milieu de travail très valorisant pour le personnel infirmier praticien. « Il favorise la croissance personnelle et professionnelle », déclare l’infirmière praticienne Sharon Slywka. Mme DeVenney ajoute : Je jouis de l’autonomie dont j’ai besoin pour fournir les soins auxquels je crois à mes patientes. Il s’agit d’un rôle que j’ai espéré jouer pendant toute ma carrière d’infirmière. »

Mise en garde :

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