Le programme NPSTAT réduit le nombre de transferts hospitaliers des résidents du Centre d’accès aux soins communautaires de Mississauga Halton

par admin admin | févr. 01, 2009
Un nouveau programme novateur ayant vu le jour à Mississauga Halton, en Ontario, réduit la demande pour les services hospitaliers, ambulanciers et d’urgence, et pour les lits de soins de courte durée, tout en améliorant la qualité des soins de longue durée prodigués aux résidents de la région. Les infirmières praticiennes offrent une panoplie de services dans les établissements de soins de longue durée et évitent ainsi les transferts hospitaliers.

Messages principaux

Le programme NPSTAT, un programme novateur d’extension dirigé par le personnel infirmier praticien, a un effet positif sur la qualité de vie des bénéficiaires de soins de longue durée en évitant les visites inutiles à l’hôpital.

Le programme réduit la demande pour les services hospitaliers, ambulanciers et d’urgence et pour les lits de soins de courte durée, tout en améliorant la satisfaction des patients.

Le succès du programme pilote NPSTAT a incité le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario à allouer 3,5 millions de dollars à la mise sur pied d’équipes d’extension des soins de longue durée dirigées par le personnel infirmier dans chacun des 14 RLISS de la province.

Le transfert à l’hôpital des bénéficiaires âgés des centres de soins de longue durée peut avoir des répercussions négatives sur le système de santé et sur les personnes touchées. Les déplacements inutiles de personnes âgées vers l’hôpital réduisent le nombre de lits accessibles à d’autres patients, et ils peuvent exposer les patients âgés à des risques d’événements indésirables tels que des infections graves, des réactions indésirables aux médicaments et des problèmes cutanés résultant des longues attentes sur une civière à l’urgence – des incidents qui peuvent entraîner des complications graves et même fatales. Les bénéficiaires peuvent également souffrir de «détresse faisant suite à un transfert », qui se caractérise par la désorientation, la confusion, la détérioration rapide de l’état du patient et la comorbidité. Il arrive souvent que les bénéficiaires ne retrouvent jamais leur autonomie et leur qualité de vie antérieures.

Le programme NPSTAT – Nurse Practitioner Supporting Teams Averting Transfers (Infirmières praticiennes à l’appui des équipes pour éviter les transferts) – a été mis sur pied dans le but de réduire ces risques. NPSTAT, un programme novateur d’extension de la pratique infirmière, résulte d’une collaboration entre l’hôpital Credit Valley et le réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) de Mississauga Halton. Des infirmières praticiennes effectuent des évaluations le jour même de problèmes de santé urgents dans les établissements de soins de longue durée du réseau. En collaboration avec les médecins et le personnel infirmier, ces infirmières praticiennes fournissent une gamme de services, notamment l’évaluation des conditions chroniques aigues et en détérioration, la prescription de médicaments, la demande de tests diagnostiques ou de laboratoire, la prestation de traitements tels que l’administration d’antibiotiques par voie intraveineuse ou la réalisation de sutures, la prestation de services de counselling aux familles et de soins palliatifs, et l’émission de certificats de décès.

L’intervention des infirmières praticiennes aide à éviter des transferts inutiles à l’hôpital, mais lorsqu’un bénéficiaire doit être admis à l’hôpital, NPSTAT aide les patients à obtenir leur congé plus rapidement, ce qui réduit la durée des séjours.

Une idée cultivée avec soin

Heather McGillis, directrice des soins aux patients à l’hôpital de Credit Valley, est encore ébahie qu’une simple conversation survenue un jour dans un ascenseur ait pu faire surgir une idée qui a jeté les bases de NPSTAT. Tout a commencé lorsqu’une collègue gériatre lui a raconté que des fonds provinciaux seraient bientôt alloués à des projets communautaires novateurs visant à réduire les temps d’attente dans les services d’urgence.

Mme McGillis présidait à l’époque le réseau des services d’urgence de Halton-Peel (HPESN). Elle savait fort bien que la population croissante de la région menait à de longs temps d’attente dans les salles d’urgence, à des délais pour obtenir des services d’urgence et à une demande accrue pour des services ambulanciers.

Un facteur important de cette situation : le nombre de bénéficiaires de soins de longue durée envoyés aux services d’urgence. Plus de 3000 avaient été envoyés à l’hôpital en une année, dont la moitié avait été admis. Beaucoup de ces bénéficiaires avaient été envoyés à l’hôpital parce que les médecins des établissements de soins de longue durée n’étaient pas disponibles pour effectuer des évaluations urgentes, ou parce que l’établissement était incapable de fournir le niveau de soins requis par les bénéficiaires malades. De plus, le retour de ces patients à l’établissement de soins de longue durée après un séjour en soins de courte durée prenait parfois trop longtemps, ce qui signifiait un nombre réduit de lits pour les patients nouvellement admis et un accroissement de l’engorgement des services d’urgence.

Reconnaissant une occasion, Mme McGillis a sollicité et reçu un financement de la province. Le programme continu NPSTAT du RLISS de Mississauga Halton a émergé du projet pilote qu’elle a ainsi pu réaliser, de 2007 à 2009. Le programme bénéficie d’un budget annuel de plus de 750 000 $, financé par le programme Vieillir chez soi et le programme d’extension dirigé par le personnel infirmier (Nurse-led Outreach) de l’Ontario.

Avantages en salle d’urgence et ailleurs

Il est particulièrement satisfaisant de savoir que non seulement nous créons un nouveau rôle, mais que nous sommes des pionnières dans un secteur où ce rôle répond à un besoin criant, un secteur qui nous accepte pleinement et qui nous apprécie.

Bien qu’aucune évaluation méthodique du programme n’ait encore été effectuée, les données probantes obtenues jusqu’à maintenant montrent que le programme NPSTAT atteint son objectif de réduire les transferts d’urgence à l’hôpital évitables. Un aperçu des statistiques s’étalant d’avril à juillet 2009 indique que le programme a traité 625 aiguillages, dont presque 70 p. 100 concernaient des bénéficiaires diagnostiqués d’une maladie en phase aigue ou nécessitant des soins d’urgence. De ces cas, 88 p. 100 ont évité un transfert au service d’urgence. Le Dr Jess Goodman, conseiller médical du comité directeur du programme NPSTAT et médecin dans plusieurs établissements de soins de longue durée, affirme que le programme comble une lacune dans les services offerts. « Le programme est structuré de façon à allouer aux infirmières praticiennes suffisamment de temps pour traiter les bénéficiaires », explique-t-il. « Cela donne une perspective clinique aux soins qui permet de traiter la condition aigue et qui fournit souvent un cadre pour l’amélioration des soins à long terme. »

Le succès du programme pilote NPSTAT a entraîné l’annonce, en mai 2009 par le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario, d’un fonds de 3,5 millions de dollars pour mettre sur pied des équipes d’extension des soins de longue durée dirigées par le personnel infirmier dans chacun des 14 RLISS de la province.

Les administrateurs, les directeurs des soins et les médecins des établissements de soins de longue durée des RLISS voient l’incidence positive du programme NPSTAT sur la vie de leurs bénéficiaires – et, en prime, sur les compétences du personnel. Linda Dacres, coordonnatrice du programme et infirmière praticienne, explique qu’une partie du travail de l’équipe du NPSTAT consiste à renforcer la capacité du personnel infirmier par la transmission de connaissances expertes et par le mentorat. Les infirmières praticiennes favorisent aussi une meilleure communication avec les familles, ce qui a mené à un résultat inattendu : certaines familles modifient les directives préalables concernant les bénéficiaires. « Lorsque les familles réalisent qu’il existe une autre possibilité, elles ne demandent plus aux infirmières d’envoyer le bénéficiaire à l’hôpital », explique l’infirmière praticienne Dacres. « Elles demandent maintenant l’intervention d’une infirmière praticienne. »

Partager les leçons apprises

L’évolution du programme NPSTAT a mis du temps, et l’infirmière praticienne Dacres est heureuse de partager les leçons apprises en cours de route. Elle présente régulièrement les expériences du programme dans des conférences et espère semer ainsi les graines qui feront naître d’autres programmes similaires au Canada et partout dans le monde.

L’adhésion des médecins a été l’une des clés de la mise en oeuvre réussie du programme NPSTAT. Le programme s’est assuré la participation de médecins «champions », tels que le Dr Goodman, afin de siéger au comité directeur. Ces médecins ont fait la promotion du nouveau rôle d’infirmière praticienne auprès de leurs collègues et ont fourni des avis sur des questions médicales. Ils ont aussi approuvé les directives médicales requises par les infirmières praticiennes pour fournir des soins aux bénéficiaires de soins de longue durée. Ces directives ont été approuvées par les directeurs des établissements.

L’hôpital de Credit Valley et son personnel ont fortement appuyé le programme NPSTAT dès le début. L’hôpital a fourni l’infrastructure, les ressources et le pouvoir d’achat qui manquaient dans les établissements de soins de longue durée en ce qui concerne les technologies de l’information, les services de paie, les finances, les ressources humaines, les services de bibliothèque, les assurances, l’approvisionnement et le soutien pharmaceutique.

Prochaines étapes

Maintenant que le programme NPSTAT est bien établi dans tous les établissements de soins de longue durée de la région, l’infirmière praticienne Dacres et madame McGillis s’affairent à l’améliorer. Elles espèrent obtenir du financement pour étendre les heures de prestation de services du programme afin d’éviter encore plus de transferts à l’hôpital. Elles contrôlent également un certain nombre d’indicateurs de rendement afin d’effectuer une évaluation officielle du programme. On prévoit en outre étudier les paramètres du rôle d’une infirmière praticienne dans le cadre de l’extension des soins infirmiers, étant donné qu’il s’agit d’un aspect nouveau de la pratique infirmière avancée en Ontario.

« Il est particulièrement satisfaisant de savoir que non seulement nous créons un nouveau rôle, explique l’infirmière praticienne Dacres, mais que nous sommes des pionnières dans un secteur où ce rôle répond à un besoin criant, un secteur qui nous accepte pleinement et qui nous apprécie. »

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