juillet 2019

Intensive physician engagement in New Brunswick eConsult rollout accelerates access to specialist advice photo

(De gauche à droite) Karla Faig, Emma Boulay and Dr. Pam Jarrett from New Brunswick.

Le temps d’attente pour voir un spécialiste pose problème dans beaucoup de régions du pays. Dans l’Enquête 2016 du Fonds du Commonwealth, le Canada s’est classé au dernier rang des 11 pays visés en ce qui a trait à l’accès aux médecins spécialistes. En effet, 56 % des Canadiens ont indiqué avoir attendu quatre semaines ou plus pour voir un spécialiste.

Or, par l’entremise du projet collaboratif Médecine connectée : améliorer l’accès des prestataires de soins primaires aux médecins spécialistes, des équipes ont diffusé des modèles de consultation à distance à des groupes de soins de partout au Canada dans le but de réduire les temps d’attente et d’améliorer l’accès aux conseils de médecins spécialistes.

Issu d’un partenariat entre la FCASS, le Collège des médecins de famille du Canada, Inforoute Santé du Canada et le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, ce projet collaboratif de 18 mois a été l’occasion de déployer deux innovations canadiennes éprouvées en santé qui améliorent l’accès aux conseils de médecins spécialistes en permettant aux prestataires de soins primaires, comme les médecins de famille et les infirmières praticiennes, de leur poser des questions cliniques :

  • Le projet de consultation électronique BASEMC, un service sécurisé de consultation de spécialistes en ligne lancé dans le Réseau local d’intégration des services de santé de Champlain, en Ontario.
  • Le programme RACEMC (programme d’accès rapide à une consultation fondée sur l’expertise), qui comprend une ligne téléphonique et une application visant à fournir des conseils, lancées par Providence Health Care [Soins de santé Providence] et Vancouver Coastal Health [Régie de la santé de la côte de Vancouver].

L’une des équipes participantes était dirigée par le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick, de concert avec des médecins et en collaboration avec deux régies régionales de la santé, la Société médicale du Nouveau-Brunswick, le Collège des médecins et chirurgiens du Nouveau-Brunswick, et le Collège des médecins de famille du Nouveau-Brunswick. Elle a implanté, dans la province, une plateforme de consultation électronique inspirée du projet BASEMC de la région de Champlain. Vu les résultats positifs, l’équipe prévoit maintenant la déployer davantage.

Le Nouveau-Brunswick a le même genre de difficultés que d’autres provinces en ce qui a trait à l’accès rapide aux spécialistes. Bien qu’il s’agisse essentiellement d’une province rurale, la plupart des spécialistes travaillent dans les centres urbains, ce qui, pour beaucoup de citoyens, entraîne des problèmes de transport. En outre, le Nouveau-Brunswick a beau être officiellement bilingue, certains patients doivent se déplacer pour obtenir une consultation dans la langue de leur choix.

« Dès le début, l’objectif du projet était de réduire les déplacements nécessaires à l’obtention de soins dans la langue de préférence des patients, explique Karla Faig, consultante en services de santé responsable du projet au ministère de la Santé. Selon nous, les consultations électroniques sont idéales pour aider les médecins de famille à améliorer les soins qu’ils prodiguent, directement dans la communauté. Elles pourraient aussi réduire le temps d’attente lorsqu’un rendez-vous en personne avec un médecin spécialiste est inévitable, et ce, sans altérer la qualité des soins. »

L’équipe du Nouveau-Brunswick a inclus sept spécialités au projet à l’étape de la conception. Elle a recruté 85 médecins de famille et 33 spécialistes, soit plus de 10 % des 1 200 médecins de la province. Entre mai et novembre 2018, 84 % des consultations ont reçu une réponse dans les sept jours. Et dans 67 % des cas, le service a permis d’éviter une rencontre en personne avec un spécialiste, lorsque cette solution avait été envisagée.

« Nous sommes ravis des résultats, souligne la Dre Pamela Jarrett, gériatre et médecin-hygiéniste au ministère de la Santé. De nombreux patients ont pu obtenir à temps les soins spécialisés qu’il leur fallait, et les médecins de famille peuvent continuer de prendre soin de leurs patients sans les envoyer consulter des spécialistes en personne. »

L’équipe du Nouveau-Brunswick attribue ces premiers succès à quelques éléments clés.

Premièrement, la province est petite, et le projet a piqué l’intérêt de ses réseaux de médecins de famille et de spécialistes. De plus, la nature collaborative du projet a favorisé la mobilisation et la proactivité du corps médical.

Deuxièmement, l’équipe a vite compris l’importance d’adapter ses stratégies de communication aux groupes de médecins auxquels elle s’adressait. Elle a envoyé de la documentation, a collaboré avec des groupes de médecins et a discuté directement avec des spécialistes afin de les renseigner et de leur donner envie d’assister aux rencontres portant sur l’initiative.

Par moment, il a fallu adopter des stratégies personnalisées pour mobiliser les médecins de famille : par exemple, les rencontrer en personne autour d’un café ou dans leur communauté éloignée. La coordonnatrice du projet, Emma Boulay, agissait à titre de personne-ressource pour les 84 médecins de famille et spécialistes participants. Elle répondait à leurs questions en tout temps, les aidait avec la facturation et la technologie et résolvait tout autre problème logistique rencontré.

« Le fait d’établir une bonne communication et du soutien de première ligne et de désigner une personne-ressource pour les médecins a été crucial pour la réussite du projet, explique Karla Faig. Nous avons passé beaucoup de temps à faire de la mobilisation, à parler au téléphone, à fournir des explications et à répondre aux questions. Tous les médecins participants connaissent Emma par son petit nom. »

Troisièmement, l’équipe du Nouveau-Brunswick a apporté un changement très important au modèle BASE de Champlain : au lieu d’utiliser la plateforme Web SharePoint (l’une des plateformes de médecine connectée à la disposition des équipes), elle a choisi, non sans audace, d’intégrer une plateforme de consultation électronique au système de dossiers de santé électroniques (DSE) de la province, cyberSantéNB. Ces dossiers sont centralisés et accessibles pour tous les médecins de la province. Ils contiennent les documents cliniques et les dossiers d’hôpital (résultats d’examens, radiographies, renseignements relatifs à l’hospitalisation, etc.). Si l’on ne pouvait autrefois que les consulter, ils peuvent maintenant, grâce à l’équipe, faire l’objet de modifications. Les médecins ont donc une plateforme sécurisée sur laquelle échanger à propos des patients.

« Nous avons pris cette décision en fonction des conseils et de la vision de la Direction de l’innovation et de la cybersanté du ministère de la Santé, indique Karla Faig. Nous avons vite réalisé que nous pouvions unir nos forces pour atteindre nos objectifs communs, et les résultats ont été largement à la hauteur de nos espérances. » Selon elle, les services informatiques ont travaillé d’arrache-pied dans les semaines précédant le lancement, car ils voyaient clairement la portée qu’aurait cette innovation.

Maintenant que la « démonstration de concept » est faite, l’équipe du Nouveau-Brunswick entend poursuivre le déploiement des consultations électroniques. « Nous explorons les avenues envisageables, et les possibilités sont emballantes », explique la Dre Jarrett.

Si elle n’avait qu’un seul conseil à donner pour favoriser le succès des consultations électroniques, l’équipe recommanderait d’établir une culture de collaboration dès le départ. « Regardez ce qui se fait autour de vous pour cerner les besoins, et collaborez avec les personnes dont les buts ressemblent aux vôtres, recommande Karla Faig. Faites équipe avec des gens qui partagent vos aspirations et qui reconnaissent la valeur du changement. Les personnes que vos projets n’intéressent pas emboîteront le pas une fois que vos efforts auront porté leurs fruits. »

« Si le projet avait été entrepris par un seul groupe, il n’aurait pas fonctionné. Il n’a pas été conçu dans un esprit hiérarchique : c’est un projet véritablement collaboratif façonné par l’ensemble des parties prenantes. »

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