février 2018

INSPIRED Joseph Brant Hospital

Tom (le patient) reçoit des conseils sur l’utilisation de son inhalateur de la part de Kathy Theroux, spécialiste en MPOC à l’Hôpital Joseph Brant (à gauche) et de Jenn Kemp, inhalothérapeute chez VitalAire (à droite).

La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) est l'une des maladies chroniques les plus mortelles, répandues et coûteuses. Une estimation conservatrice révèle qu'environ 800 000 Canadiens vivent avec la MPOC. En termes de maladies chroniques, la MPOC est la première cause d'hospitalisation au Canada, représentant le plus grand nombre d'hospitalisations provenant des urgences et des réadmissions.

En 2014, la FCASS a lancé l'Approche « INSPIRED » de la MPOC, un projet collaboratif d'amélioration de la qualité pancanadien visant à diffuser un modèle innovateur en soins de la MPOC. Le programme a soutenu 19 équipes de divers organismes de santé provenant des quatre coins du Canada afin qu'elles s'adaptent à INSPIRED et adoptent INSPIRED.

Le programme, qui a été développé par Dr Graeme Rocker et deux de ses collègues - un inhalothérapeute et un intervenant en soins spirituels - à Capital Help, Halifax (faisant maintenant partie de la Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse), soutient les patients vivant avec une MPOC modérée à grave et leurs familles dans leur transition des soins à l'hôpital vers les soins assistés dans la communauté. Le programme outille les patients en leur offrant des plans d'action de gestion de la maladie; des appels téléphoniques dès qu'ils rentrent à la maison et régulièrement par la suite; des instructions d'auto-prise en charge à la maison et du soutien psychologique; ainsi qu'une planification préalable des soins lorsque nécessaire. Les patients faisant partie du programme peuvent également signaler un numéro de téléphone de jour s'ils ont besoin de soutien.

Une équipe de l'hôpital Joseph Brant de Burlington, en Ontario, a participé à la première phase du projet collaboratif. Ils ont inscrit environ 80 patients souffrant de MPOC au programme.

Lily Spanjevic, infirmière clinicienne spécialisée en soins gériatriques et responsable de l'équipe INSPIRED de l'hôpital Joseph Brant, explique avoir tiré plusieurs leçons de la première phase du projet. Entre autres, elle cite le besoin d'accorder plus de temps au travail fait avec les prestataires de soins, les patients et leurs familles afin qu'ils puissent tous être à l'aise vis-à-vis de la transition vers l'auto-prise en charge avec soutien. Pour la responsable, il faudra renforcer les capacités du système pour pouvoir adopter et rendre durables les meilleures pratiques en soins de la MPOC.

« Nous avons demandé à des médecins "champions" de parler à leurs collègues des avantages associés à l'utilisation des plans d'action, et nous nous sommes accordés un peu plus de temps pour pouvoir discuter avec les familles de leurs appréhensions quant à l'utilisation des plans d'action. »

Les entrevues motivationnelles et l'approche thérapeutique cognitivo-comportementale ont également joué un rôle important dans la "disruption de l'impuissance apprise". Plusieurs patients atteints de MPOC supposent qu'ils souffrent de cette maladie par leur faute et acceptent ainsi les conséquences. Kathy Theroux, infirmière enseignante MPOC de l'hôpital Joseph Brant affirme que les patients peuvent surmonter ce sentiment lorsqu'ils apprennent à tirer le maximum de leur vie en respectant un horaire d'exercice, en étant actif, en mangeant sainement et en s'occupant de leur santé mentale.

Cette approche a fonctionné pour des patients comme Shirley Boag, chez qui on a diagnostiqué la MPOC en 2004. Un an avant le diagnostic, elle avait laissé la cigarette pour de bon après avoir fumé pendant 50 ans, car son médecin interniste lui avait expliqué que sa circulation sanguine était si mauvaise qu'elle pourrait perdre ses orteils. Pendant plusieurs années, Boag avait souffert de rhumes qui perduraient et elle s'essoufflait en montant les escaliers ou en marchant dans la neige. Son médecin omnipraticien l'avait alors envoyée consulter un pneumologue afin qu'elle passe des examens respiratoires. Les résultats ont démontré qu'elle avait alors perdu 50 % de sa fonction respiratoire. Aujourd'hui, 14 ans après son diagnostic, Boag sait mieux gérer sa maladie grâce au programme INSPIRED. Même si la MPOC n'est pas guérissable en soi, Boag souligne qu'on peut apprendre à mieux vivre avec cette maladie.

« L'engagement que démontrent les patients et leurs familles envers le programme était encourageant », a ajouté Spanjevic. « L'approche organisationnelle de l'amélioration de la gestion des patients souffrant de MPOC et de leurs symptômes a permis d'accélérer la confirmation de diagnostics de MPOC, l'utilisation adéquate des médicaments de la MPOC, les aiguillages vers la réadaptation pulmonaire, et l'amélioration des soins de fin de vie. Nous croyons que la combinaison des facteurs mentionnés ci-dessus a occasionné des améliorations; baisse du nombre de réadmissions et de visite des urgences, satisfaction accrue des patients et des familles, et réduction des coûts hospitaliers. »

Après la complétion de la phase 1, l'hôpital Joseph Brant a vu ses visites à l'urgence chuter de 46 % et ses réadmissions de 70 %, ce qui équivaut à une économie d'environ 855 000 $. La qualité de vie et l'expérience des patients se sont également appréciées chez les participants du programme.

Étant donné ces résultats exceptionnels, la FCASS soutient la mise à l'échelle d'INSPIRED au Joseph Brant ainsi que l'expansion du programme vers le centre de santé Caroline Family Health Team et vers les trois organisations de soins de santé primaires desservant Burlington, Oakville et Hamilton North.

« Grâce à l'expérience accumulée, nous savons que l'éducation du médecin, du patient et de sa famille quant aux plans d'action sera essentielle. Il faudra que cette éducation soit consolidée par l'utilisation de contrôles et de retours critiques de la part des participants », explique Spanjevic. « Alors que nous mettons le programme à l'échelle et que nous accueillons de plus en plus de participants, il sera primordial d'utiliser les stratégies de communication apprises en phase 1. Elles nous permettront de nous assurer que les messages sont clairs et nous permettront d'éviter quelconques incompréhensions ou obstacles dès le début du processus. Ceci permettra un projet collaboratif réussi. »

D'ici à mars 2019, la participation au programme devrait tripler et atteindre les 240 personnes vivant avec la MPOC. Et avec cette expansion, les avantages devraient continuer de croître.

Une analyse indépendante a montré que si le programme INSPIRED continue de grandir et prend en charge 5 800 patients par année d'ici 2021, ceci préviendrait presque 70 000 visites à l'hôpital et près de 400 000 hospitalisations. Ceci permettrait également l'économie de 688 millions de dollars en frais hospitaliers sur cinq ans. En conclusion? Pour chaque dollar investi dans le programme, 21 $ de frais hospitaliers pourraient être évités.

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