juin 2018

Tech talk: Connecting primary and specialty care in Calgary

Il n’y a rien de plus frustrant que d’attendre – surtout lorsqu’il s’agit de votre santé. Dans de nombreuses régions du pays, les Canadiens doivent attendre longuement avant d’obtenir un rendez-vous avec un spécialiste, et ce, même s’il a été démontré par la recherche que les patients sont plus à risque au début de leur processus d’accès aux soins, avant même qu’un diagnostic officiel n’ait été posé et avant qu’un plan de traitement n’ait été élaboré. 

Calgary ne fait pas exception.

Entre 2010 et 2016, le nombre de patients recommandés à des gastroentérologues est passé de 900 par mois à plus de 1 600 par mois. Les patients qui sont recommandés pour consultation « routinière » attendaient plus de deux ans. Plusieurs d’entre eux n’ont jamais obtenu de rendez-vous alors que le nombre de demandes faites chaque mois dépassait le nombre de créneaux horaires libres pour l’évaluation des patients. Ceci crée des listes d’attente saturées, engendre des incidents touchant la sécurité des patients et creuse un fossé de plus en plus profond entre les soins de santé actifs et les soins de santé primaires. On dénotait des problématiques similaires dans les services de neurologie, de rhumatologie, de santé mentale, de douleur chronique, entre autres services spécialisés, dans la région de Calgary.

Voyant bien qu’il fallait agir, les médecins de famille et les gastroentérologues ont décidé d’aborder la question et de trouver des pistes de solution pour faire face à cet engorgement grandissant. À ce moment-là, pour pouvoir obtenir une consultation avec un spécialiste, les patients devaient obtenir une recommandation d’abord. Mais les médecins de famille ont estimé qu’ils pourraient offrir des soins primaires adéquats à leurs patients nécessitant des soins en gastroentérologie. Avec le soutien et la collaboration de spécialistes, incluant leur transmission de conseils par téléphone, les médecins de famille étaient en mesure d’aider ces patients. Un problème subsistait : aucune structure n’était en place pour baliser et soutenir la communication entre les médecins de famille et les spécialistes.

C’est alors que Specialist LINK, une ligne téléphonique de conseils médicaux non urgents a vu le jour. Cette ligne visait à rendre les canaux de communication clinique plus perméables. Specialist LINK connecte les médecins de famille de la région de Calgary à des spécialistes qui répondent ou rappellent le requérant dans l’heure qui suit l’appel. En parallèle du service Specialist LINK, le programme provincial eReferral Advice Request d’Alberta Netcare a été mis en œuvre. Le programme permet aux prestataires de soins de santé primaires d’obtenir les conseils de spécialistes en 5 jours ou moins par le biais des dossiers médicaux électroniques provinciaux.

« Ces deux programmes offrent des services similaires, mais ne sont pas intégrés. Le financement et le développement de chacun de ces programmes n’ont pas été synchronisés. » — explique Bronwyn White de Calgary Zone Specialty Integration.

C’est alors que le projet collaboratif Médecine connectée : améliorer l’accès des prestataires de soins primaires à des médecins spécialistes de la FCASS est entré en jeu. Cette initiative vise à consolider l’équipe du projet d’amélioration Calgary Zone Specialty Integration.  Avec le soutien du projet collaboratif, les réseaux de soins primaires de la région de Calgary et les services de santé de l’Alberta œuvrent de concert pour faciliter la communication entre les prestataires de soins primaires et les spécialistes en intégrant les plateformes Specialist LINK et eReferral Advice Request et en offrant l’accès à un plus grand nombre de spécialités par chacun des outils.

« Le financement était l’un des problèmes. Mais la formation des médecins était également un enjeu », ajoute Dre Monica Sargious, médecin championne de Calgary. « Un apprentissage doit être fait par rapport à eReferral. Il faut, entre autres, encourager les médecins à apprendre à maîtriser le processus, et les rassurer par rapport aux questions de confidentialité. »

En créant un pont entre médecins de famille et spécialistes par le biais de deux outils-conseils différents, l’équipe souhaite améliorer l’accès aux soins spécialisés, soutenir des relations professionnelles durables, nourrir une base de connaissances, et améliorer la qualité des recommandations médicales.

Yolanda Martens-Vanhilst, gestionnaire du programme Specialist LINK, affirme que les médecins sont très enthousiastes face à ces deux outils.

« Les médecins de famille nous disent que ces outils les aident à mieux soutenir leurs patients, ce qu’ils apprécient grandement », explique-t-elle. « Cependant, certains disent que Specialist LINK, par exemple, n’est pas aussi utile, car ils ne peuvent facilement répondre à des appels dans leur milieu de pratique. Ils expliquent que eReferral Advice est plus facile à intégrer à leur quotidien professionnel. Par contre, d’autres médecins de famille disent exactement l’inverse, affirmant qu’ils arrivent aisément à répondre au téléphone pendant leurs heures de clinique. »

Par conséquent, l’équipe développe du matériel communicatif afin de sensibiliser et former les médecins de première ligne par rapport à l’utilisation des fonctionnalités des outils de conseils non urgents. De plus, les deux programmes sont en train de développer et de mettre en oeuvre une stratégie de recrutement et d’évaluation commune.

« Nous voulons promouvoir les deux ressources en tant qu’outils complémentaires qui comblent différents besoins », avance Jodi Glassford, directrice d’eReferral. « Nous voulons également nous assurer que les prestataires de soins comprennent comment utiliser les outils dans leur profession, pour le bien des patients. Les patients attendent longtemps avant de pouvoir voir un spécialiste. L’accès à des conseils directs leur permet ainsi d’être soignés dans leur communauté. »

Alors que ces programmes prennent de l’expansion, l’équipe se rend compte que la structure informatique et les plateformes numériques ne suffiront plus et qu’il faudra se pencher sur cette question.

« La FCASS nous a réellement rassemblés. Nous avons déjà eu l’occasion de travailler ensemble, mais nous n’avons pas toujours eu le même angle d’approche. La FCASS nous donné accès à une plateforme nous permettant de travailler de concert, d’avoir des objectifs communs, de partager nos expériences, et finalement, de voir une amélioration qualitative dans notre milieu », souligne Yolanda.

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