Les équipes du programme INSPIRED de sensibilisation à la MPOC accélèrent leur travail grâce à l’atelier d’Ottawa

L’amélioration est un sport d’équipe

L’atmosphère était électrisante lorsque les six équipes participant à la mise à l’échelle du Projet collaboratif INSPIRED se sont réunies à Ottawa les 7 et 8 mars dernier dans le cadre d’un atelier interactif. Organisé à la suite du lancement de l’expansion d’INSPIRED, l’atelier visait à donner aux participants les connaissances et les outils nécessaires pour rejoindre en toute équité un plus grand nombre de fournisseurs, de sites et de patients atteints de la MPOC dans leur transition de l’hôpital au domicile.

La séance d’ouverture qui présentait les patients et les familles comme des partenaires essentiels à l’amélioration des soins a orienté les deux jours d’atelier. Sue Johnson, une résidente d’Ottawa atteinte de la MPOC qui a bénéficié du programme de sensibilisation à la MPOC de l’Hôpital d’Ottawa, a parlé de son expérience de collaboration avec Wendy Laframboise, responsable du programme à l’Hôpital d’Ottawa et enseignante principale des services cliniques. « Le programme de sensibilisation à la MPOC a vraiment amélioré ma qualité de vie, affirme Sue. Je voulais prendre en charge ma santé, alors j’ai travaillé avec l’équipe pour apprendre des stratégies de gestion de la maladie. »

Mise à l’échelle du Projet collaboratif INSPIRED

L’expérience de Sue souligne certaines lacunes dans la coordination des patients atteints de la MPOC; après le diagnostic de la maladie, elle a dû attendre huit mois avant de pouvoir consulter un pneumologue. « Ma toute première poussée s’est produite alors que j’attendais ma consultation. À ce moment-là, je ne connaissais pas bien la maladie, ajoute-t-elle. Chaque exacerbation détruit une partie du poumon. Alors, plus vite vous avez les connaissances nécessaires pour prendre les bonnes décisions, mieux c’est. »

L’amélioration est un sport d’équipe

Tout au long des deux jours, l’importance du travail d’équipe a été un thème récurrent pour les 80 participants, y compris le corps enseignant, les intervenants et les membres de l’équipe. Chaque équipe d’amélioration INSPIRED réunit des membres de différentes organisations : chefs d’équipe, cadres parrains et partenaires patients et leurs familles, pour n’en nommer que quelques-uns. Pour bon nombre d’entre eux, cet atelier représentait surtout une belle occasion de réseautage et d’échange de connaissances.

Les patients ont participé activement à l’atelier et tous se sont entendus sur le rôle crucial des patients et des familles dans l’amélioration. « Nous devons cesser de voir les patients comme des bénéficiaires de soins et commencer à les considérer comme des membres à part entière de l’équipe », a déclaré le Dr Brendan Carr, président et directeur général de William Osler Health System. Sue Johnson explique : « J’étais une femme d’affaires et j’avais beaucoup à offrir dans ma carrière; ce n’est pas la maladie qui va m’arrêter. Je suis heureuse d’être ici aujourd’hui pour apprendre et contribuer à la cause; cela fait partie de ma qualité de vie. »

En intégrant les patients et les soignants dans leurs équipes d’amélioration, les utilisateurs s’inspirent de l’exemple du Dr Graeme Rocker et de ses collègues, qui ont fondé le programme INSPIRED de sensibilisation à la MPOCMC. « INSPIRED vise à établir des relations entre les prestataires de soins et les patients là où il n’y en avait pas auparavant », précise le Dr Rocker.

L’atelier comptait également du personnel d’organismes partenaires, dont Inforoute Santé du Canada (Inforoute), l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) ainsi que la Société canadienne de thoracologie, autant d’intervenants qui produisent du contenu et soutiennent les équipes.

Une question de relations

Selon Lynn Edwards, directrice principale, Soins de santé primaires, Pratique familiale et Maladie chronique, de la Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse, l’amélioration du rendement des équipes, qui sont des entités sociales, repose sur l’établissement de relations. « Tout est une question de relations, selon Mme Edwards. Même lorsque tout est bien planifié, si nous n’avons pas l’essentiel, les contacts, les relations de travail et la confiance, nous ne réussirons sans doute pas. »

Il est essentiel d’établir des liens avec les médecins. Selon le Dr Michael Gardam, chef de cabinet du Humber River Hospital et vétéran des campagnes d’hygiène des mains, les raisons sont ancrées dans la science de la complexité. La diffusion et la mise à l’échelle du programme INSPIRED sont un enjeu complexe. Pour les problèmes simples comme la cuisson d’un gâteau ou la stérilisation de l’équipement médical, on peut suivre une procédure normalisée, car toutes les variables sont connues. Quand il s’agit de scénarios plus complexes comme le lancement d’une fusée ou une intervention chirurgicale, il faut une plus grande expertise et les variables sont plus nombreuses, mais il est toujours possible d’éliminer les contradictions, de normaliser les procédures, d’élaborer des politiques et d’indiquer la marche à suivre. La diffusion d’INSPIRED s’apparente plutôt à l’éducation des enfants : il n’y a ni formule magique ni garantie de succès répété. L’expérience est utile, mais elle ne suffit pas; les relations sont essentielles; les parties sont indissociables; certaines variables sont inconnues; et chaque enfant (ou site et équipe INSPIRED) est unique.

Comment procédez-vous pour résoudre un problème complexe?

  • Agir et apprendre en parallèle
  • Travailler avec des paradoxes
  • Prendre son temps pour gagner en efficacité
  • Établir des relations productives – trouver des solutions novatrices en équipe
  • Résoudre le problème une étape à la fois
  • Déterminer les spécifications minimales ou des règles simples – quels sont les éléments essentiels que nous ne pouvons pas modifier et quels sont ceux qui sont flexibles?
  • Approfondir et renforcer ce qui fonctionne

« Il n’y a pas de recette. Nous construisons quelque chose de complexe et vous devrez peut-être travailler en équipe pour y arriver, explique le Dr Gardam. Vous devez participer à chaque étape. Nous ne voulons pas qu’ils adhèrent simplement au programme, mais bien qu’ils s’investissent et se l’approprient. »

Voici les conseils simples du Dr Gardam pour encourager la participation des médecins :

  • Établissez rapidement une relation avec les personnes ouvertes. Ne vous tournez vers les autres que plus tard et par l’intermédiaire de leurs collègues.
  • Les présentations formatées suscitent rarement la participation.
  • Comme tout le monde, les médecins peuvent être contradictoires.
  • Établissez des relations.
  • Invitez des acteurs « inhabituels » à se joindre à la discussion – ratissez large.
  • Les « champions » se reconnaissent rarement au titre de leur poste.
  • Nous avons tous nos propres motivations; ne tenez pas pour acquis que les vôtres sont partagées. L’indignation n’est pas la solution.
  • Tentez de susciter différemment la participation (utilisez les techniques du modèle TRIZ, par exemple).

Ne cherchez pas à mettre à l’échelle le programme, mais ses effets

Les six équipes ont déjà touché plus de 200 personnes dans le cadre de programmes semblables au modèle INSPIRED et prévoient toucher jusqu’à 2 300 personnes de plus l’an prochain grâce à leurs efforts de mise à l’échelle. La mise à l’échelle consiste à élargir la portée d’un programme ou d’un modèle à l’ensemble des fournisseurs, des sites et des patients pouvant en profiter dans un cadre défini. Mais la mise à l’échelle de l’innovation n’est pas simple, et l’élargissement à l’ensemble du système de prestation requiert d’établir des partenariats et de renforcer l’intégration afin de créer et de mettre en place un environnement qui tient compte des considérations relatives aux politiques et des attributs du système.

La mise à l’échelle ne vise pas seulement à ajouter, mais aussi à procéder à des soustractions stratégiques, par exemple en vous demandant ce que vous pourriez atténuer pour rejoindre un éventail plus vaste de personnes. « Ne vous demandez pas comment mettre le programme à l’échelle, explique le Dr Onil Bhattacharyya, enseignant du programme INSPIRED et boursier Harkness. Demandez-vous plutôt comment amplifier ses effets. »

Mise à l’échelle du Projet collaboratif INSPIRED

Les données sont un morceau important de la mise à l’échelle et du casse-tête de l’amélioration; elles permettent aux équipes de déterminer quelles sont les approches qui fonctionnent (ou pas) et de s’adapter au besoin. Les participants prennent connaissance des lacunes actuelles lorsqu’ils veulent mettre à l’échelle leurs programmes sur la MPOC : manque de données intersectorielles, processus manuels excessifs et retards entre la collecte des données et leur disponibilité pour la prise de décisions. Le Dr Bhattacharyya propose de trouver des moyens de recueillir des données en amont grâce à des sondages ou à d’autres méthodes, tout en reconnaissant qu’il ne s’agit pas d’une solution parfaite.

Consciente de l’importance des données, la FCASS travaille avec l’ICIS pour aider les équipes à évaluer les effets de la mise à l’échelle. Le personnel de l’ICIS a participé à l’atelier afin d’expliquer les définitions des données normalisées avec l’ensemble des équipes. Son expertise aidera ces dernières à développer leur capacité et à élaborer leurs processus afin de s’assurer que les données et les rapports sont intégrés aux procédures opérationnelles du programme INSPIRED et aux activités d’amélioration de la qualité qu’ils entreprennent.

Pour que la chenille se transforme en papillon

L’importance du travail accompli dans le cadre du projet collaboratif de mise à l’échelle du programme INSPIRED est claire pour les participants à l’atelier. Maria Judd, vice-présidente des programmes à la FCASS, revient sur les effets déjà produits par les six équipes : « Nos résultats démontrent que nous pouvons repenser les soins prodigués aux patients souffrant d’une maladie chronique dans leur intérêt afin de répondre à leurs besoins dans la communauté. »

« Les éléments fondamentaux de ce programme sont ceux dont nous avons besoin pour améliorer les services de santé offerts dans ce pays, ajoute le Dr Carr. Nous créons une méthodologie dont nous nous servirons pour traiter l’insuffisance cardiaque congestive, le diabète et les problèmes de santé mentale, entre autres ».

Pour mettre en perspective la portée de cette métamorphose du système, Mme Judd s’inspire de la nature : « Un papillon est le résultat d’une transformation; ce n’est pas une version améliorée de la chenille. »

Cathy Simpson, conseillère spirituelle et cofondatrice du Programme INSPIRED de sensibilisation à la MPOCMC, résume parfaitement l’importance des ateliers comme celui-ci : « Il est très surprenant d’avoir à venir à Ottawa pour vraiment connaître votre équipe, affirme-t-elle. C’est une leçon d’humilité d’être ici, de voir l’expansion à l’échelle du pays et de constater le nombre de personnes que nous avons touchées. »

Mise à l’échelle du Projet collaboratif INSPIRED