The York Care Centre

Les foyers de soins de longue durée du Canada s’unissent pour améliorer les soins des personnes âgées

Au Canada, plus du quart des personnes âgées en établissement de soins de longue durée (ESLD) prennent des antipsychotiques sans qu’un diagnostic de psychose ait été établi. La prise de ces puissants médicaments est souvent prescrite pour diminuer les comportements difficiles et la résistance aux soins des personnes atteintes de démence. Cependant, ces médicaments ont des propriétés sédatives et peuvent avoir des effets nocifs se traduisant par exemple par des chutes et des visites inutiles à l’hôpital. Les taux d’utilisation à long terme d’antipsychotiques varient grandement selon les territoires : en Alberta, ce taux est d’un peu plus de 20 % alors qu’il atteint presque 40 % à Terre-Neuve-et- Labrador. Ces variations indiquent un recours potentiellement inapproprié à de tels médicaments.

En 2014, la FCASS a lancé un projet collaboratif pancanadien d’amélioration de la qualité pour favoriser le recours approprié aux antipsychotiques, de concert avec 15 équipes provenant de 56 ESLD dans sept provinces et un territoire. Les équipes de soins de santé ont employé des approches centrées sur les patients et fondées sur les données pour gérer les comportements perturbateurs pouvant être associés à la démence. Le personnel de première ligne a adapté les services et remplacé les médicaments en offrant par exemple des séances de musicothérapie, de zoothérapie ou de ludothérapie. La FCASS a offert aux équipes de la formation, du financement, de l’encadrement spécialisé et une plateforme pour échanger entre pairs.

Le projet collaboratif s’appuyait sur FORCES, le programme de formation pour cadres offert par la FCASS. Joe Puchniak et Cynthia Sinclair (alors tous deux directeurs du programme de soins personnels de l’Office régional de la santé de Winnipeg [ORSW]) ont mis sur pied une initiative pour aider les équipes multidisciplinaires de fournisseurs de soins à utiliser plus efficacement les données.

En s’appuyant sur la réussite de l’initiative de l’ORSW, et avec l’aide de Joe et de Cynthia, la FCASS a travaillé à diffuser ces approches centrées sur la personne pour favoriser le recours approprié aux antipsychotiques en soins en hébergement.

Après un an seulement, la prescription inappropriée d’antipsychotiques avait été interrompue ou considérablement réduite pour plus de la moitié des résidents du projet collaboratif pancanadien, et ce, sans hausse de comportements inappropriés ou abusifs. Tout aussi impressionnant, le nombre de chutes parmi ces résidents avait diminué de 20 %. De plus, de nombreuses familles ont souligné être reconnaissantes que leurs proches redeviennent davantage eux-mêmes.

Si on reporte les résultats de l’initiative de la FCASS à l’échelle nationale, au cours des cinq premières années, on estime que 35 000 résidents d’ESLD par an verraient leur dose d’antipsychotiques réduite ou interrompue; 91 000 chutes seraient évitées et 194 millions de dollars en coûts directs de services de santé seraient épargnés.