Histoires des résidents

L’histoire de Barbara L.         |        L’histoire de Don B.


Son fils retrouve la tranquillité d’esprit lorsque sa mère cesse de prendre des antipsychotiques

Il y a cinq ans, Barbara L. habitait seule à Kitchener, en Ontario, comme elle l’avait fait depuis 25 ans après la mort de son mari. Élevée sur une ferme en Croatie, elle a travaillé dur depuis son arrivée au Canada en 1971 dans une manufacture de chaussures. À 90 ans, elle avait toujours un réseau social et de nombreuses amies. Son fils, Joseph, lui rendait visite tous les jours et la conduisait à l’église le dimanche. « C’était très important pour elle », dit-il.

Barbara's Story

Puis, elle a fait une crise cardiaque et un AVC. Les médecins ne lui donnaient que quelques jours à vivre. Mais elle a été transférée au centre de soins Trinity Village. Et elle y est toujours.

Barbara a commencé à perdre la mémoire et à souffrir d’anxiété. Comme elle criait la nuit, on lui a administré des médicaments antipsychotiques, mais son comportement ne s’est pas amélioré. Au cours de la dernière année, toutefois, Joseph a constaté une différence. « Elle est beaucoup plus calme qu’auparavant », affirme-t-il.

Qu’est-ce qui a changé? Barbara, maintenant âgée de 95 ans, ne prend plus d’antipsychotiques. Trinity Village fait partie des 56 établissements de soins de longue durée qui participent à un projet collaboratif de la Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé (FCASS) qui vise à réduire ou éliminer le recours inutile aux antipsychotiques.

Il fut un temps où Barbara ne prenait aucun plus puissant que de l’aspirine. Les études révèlent qu’au Canada, 27,5 % des personnes âgées dans des établissements de soins de longue durée prennent des antipsychotiques sans qu’un diagnostic de psychose ait été établi. Ces médicaments peuvent avoir de graves effets secondaires et provoquer des chutes qui entraînent une hospitalisation. Souvent, l’utilisation d’antipsychotiques peut masquer d’autres problèmes.

C’était le cas de Barbara. « Le personnel était d’avis que le problème ne se résumait pas à la douleur », explique Sharon Jackson, chef de projet à Trinity Village. « Nous avons tenté d’enrayer la douleur par la médication et ça a bien fonctionné, nous avons donc pu supprimer les antipsychotiques. »

Avant la mise en œuvre du projet de la FCASS, trois résidents du centre de soins Trinity Village sur dix prenaient des antipsychotiques sans avoir reçu un diagnostic de psychose. On n’en compte plus actuellement que de 11 à 13 %.

Lorsque les antipsychotiques ne sont pas nécessaires, cela signifie un médicament de moins à prendre. Et ce qui est encore mieux, poursuit Sharon Jackson, certains résidents semblent « se réveiller » quand on réduit l’utilisation d’antipsychotiques. Dans un cas, le score à l’échelle de dépression est passé de 11 à 3. Deux autres résidents qui n’avaient pas dit un mot depuis des années, ont retrouvé l’usage de la parole.

Trinity Village a adopté diverses mesures pour améliorer la qualité de vie des résidents. Par exemple, le centre de soins a modifié son approche : faire preuve d’une plus grande

patience et rendre les choses plus simples, c’est-à-dire ne pas poser trop de questions à la fois aux résidents ou les interroger trop rapidement.

Le centre de soins a aussi lancé des programmes visant à réduire le sentiment d’isolement, d’impuissance et d’ennui. Les résidents mangent en plus petits groupes, les repas sont donc plus conviviaux. Grâce à des projets d’expression artistique, les résidents prennent plus de décisions. Dans le cadre d’un autre projet, les membres du personnel ont téléchargé sur leur iPod des pièces musicales aussi variées que AC/DC ou It’s a Long Way to Tiperrary. La musique qui revêt une signification particulière pour les résidents améliore leur humeur – c’est un genre de « thérapie instantanée », fait valoir Sharon Jackson.

Grâce à la réduction des antipsychotiques et à d’autres stratégies de soutien, souligne Mme Jackson, le personnel et les résidents nouent des liens plus étroits. Les familles constatent que leur proches sont beaucoup plus alertes et éveillés.

Joseph a l’esprit plus tranquille à la pensée que sa mère habite dans le centre de soins Trinity Village. « Je me sens bien, car je sais qu’on prend bien soin d’elle. »

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