Planification, formation et réglementation des effectifs

Cet enjeu a porté particulièrement sur les interventions et les politiques d'entités gouvernementales, éducationnelles et professionnelles. En plus de modèles prévisionnels intégrés (vieillissement de la population) portant sur la structure future des effectifs (et les données nécessaires pour les alimenter), on a déterminé des difficultés aur les plans de la formation en travail d'équipe interdisciplinaire et de la réglementation des champs d'exercice (particulièrement en ce qui concerne les soins de santé de première ligne et les contextes de soins non intensifs). Beaucoup d'intervenants ont remis en question la valeur des attentes des groupes de réglementation des professions sur le plan de la formation scolaire plus poussée. Certains ont aussi pointé du doigt la relation possible entre la formation scolaire de plus longue durée exigée (" diplomanie ") et les pénuries d'effectifs de la santé, ainsi que le lien entre les pénuries et les préoccupations soulevées par la qualité des soins et l'accès pour les patients.

Milieux de travail sains

Cette question a porté particulièrement sur les interventions et les démarches des employeurs, des syndicats et des associations professionnelles. On a aussi abordé dans ce contexte l'efficacité du travail d'équipe et de la collaboration interdisciplinaire, en visant plus particulièrement des obstacles comme le statut relatif de différents groupes professionnels, la structure organisationnelle et les stratégies de gestion. On a en outre concentré l'attention sur le besoin de préparer la prochaine génération de chefs de file professionnels et d'offrir des possibilités plus concrètes de formation en cours d'emploi et de formation continue. Le nouvel écart entre les générations, qui découle du fait que les nouveaux membres de la population active ont des attentes plus élevées à l'égard de l'équilibre entre leur vie personnelle et professionnelle, a aussi soulevé des préoccupations. La santé et la sécurité au travail préoccupent également. On souhaite définir des méthodes plus efficaces de recrutement et de maintien des effectifs, en particulier pour les collectivités rurales et éloignées. On recherche enfin l'innovation dans l'éventail des compétences spécialisées des professionnels de la santé dans toutes sortes de contextes de prestation.

Accès en temps opportun à des soins de qualité pour tous

Ce thème d'envergure qui revient souvent regroupe des préoccupations soulevées par la qualité (y compris la sécurité des patients), l'accès en temps opportun (périodes d'attente, gestion des listes d'attente), l'accès par les populations des régions rurales et éloignées et l'accès pour les groupes minoritaires de tous types.

Accès en temps opportun : Accès pour tous à tous les niveaux de soins et réduction des obstacles pour certains groupes (comme les groupes minoritaires).

Gestion de la qualité : On a établi un lien entre l'amélioration de la qualité à un coût abordable et l'utilisation plus étendue d'indicateurs de rendement, l'évaluation de l'état de santé des patients fondée sur la population et spécifique à un établissement, et l'évaluation de la technologie. Enfin, on a établi un lien entre de meilleures façons d'évaluer les besoins de la population et la possibilité d'améliorer l'accès et la qualité pour les minorités qui ont beaucoup de besoins non satisfaits.

Création, gestion et évaluation des attentes du public

Même s'il est clair que les questions soulevées à cet égard sont reliées à la viabilité, on a jugé qu'il valait la peine d'y accorder une attention distincte. On retrouve à une extrémité du spectre les préoccupations soulevées par la création de la demande et l'impact de la publicité directe au consommateur, ainsi que d'autres signes de commercialisation et d'entrepreneuriat à la hausse dans le secteur de la santé. On a déterminé qu'il fallait appuyer la prise de décisions factuelles par les patients et le public et recourir davantage à la mobilisation du public et de la collectivité comme outil de communication et d'évaluation des valeurs et aussi comme moyen de faire participer le public à la prise de décision. On a abordé le rôle du gouvernement comme garant de l'information, ainsi que celui des médias qui orientent l'opinion publique et le fait que les médias et le public n'ont pas les connaissances de la recherche nécessaires pour en interpréter les résultats. Enfin, on a établi un lien entre la diffusion d'information publique et une meilleure compréhension des déterminants généraux de la santé dans les changements de la conscience de soi des personnes et de leur capacité de contrôler davantage leur propre santé.

Financement durable et répartition des ressources dans le respect de l'éthique

Les préoccupations soulevées par cette question ont porté avant tout sur les moyens de trouver suffisamment d'argent et de définir les services à couvrir par le Trésor. Les processus de mobilisation du public respectueux de l'éthique afin de prendre des décisions difficiles sur la répartition, et en particulier des processus qui dégagent des valeurs publiques aux échelons national, régional et local pour déterminer l'assurance publique, ont soulevé de l'intérêt. L'éthique institutionnelle, particulièrement en ce qui a trait aux décisions qui ont des répercussions sur les effectifs de la santé ou sur l'accès au système pour les minorités, a aussi soulevé des préoccupations. On a laissé entendre que la clé de la viabilité future réside dans une meilleure étude de ses liens avec la mise en œuvre complète des soins de santé de première ligne, une meilleure gestion des maladies chroniques et des politiques visant à améliorer l'utilisation des produits pharmaceutiques dans le système.

Gouvernance et responsabilité

La convergence vers les indicateurs de rendement s'est fait sentir à tous les niveaux du système, du praticien individuel à tous les paliers de gouvernement, en passant par les établissements, les régions et les provinces. On a mis en évidence le besoin d'une grande amélioration de l'évaluation du rendement en dehors des contextes institutionnels, particulièrement en ce qui concerne les soins de santé de première ligne et d'autres formes de soins communautaires, et l'on a demandé d'accorder plus d'attention aux évaluations de la santé axées sur la population et de préconiser un meilleur équilibre des questions de confidentialité soulevées par l'utilisation des données. On s'intéresse en général à évaluer régulièrement si nous pratiquons l'optimisation des ressources dans le système de santé et si l'importance des ressources consacrées au système est justifiée en fonction de ce que nous en tirons. On considère que le rôle croissant des partenariats publics-privés doit entraîner une augmentation parallèle de la complexité et de l'étendue de l'évaluation du rendement pour les besoins de la surveillance et de la conformité. On a établi un lien entre ces facteurs et une meilleure évaluation de la gouvernance appropriée et de la valeur globale des partenariats publics-privés. En ce qui concerne la gouvernance, l'étude des enjeux de la régionalisation, comme la taille et la structure appropriées des régies régionales de la santé, la valeur des réseaux régionaux et d'autres formes d'intégration et de coordination des systèmes à l'échelon régional, ont continué de soulever l'intérêt.

Gestion du changement et adaptation

À cet égard, on a exigé de meilleurs outils pour instaurer le changement à l'échelon du système, mais en particulier pour abattre les couloirs organisationnels et professionnels qui caractérisent les soins de santé. On a aussi signalé qu'il est difficile d'adapter le système aux forces extérieures, que ce soit des enjeux à court terme comme les urgences en santé ou des changements à long terme comme la démographie et les tendances des maladies. On a exprimé une grande confiance en la mise au point et en l'utilisation plus généralisée des outils d'aide à la prise de décisions factuelles comme les systèmes d'information, l'évaluation des technologies, les modèles de gestion des risques, le partage de l'information et les pratiques exemplaires, ainsi que l'établissement de réseaux et d'autres mécanismes de recherche et de traduction du savoir.

Coordination des soins dans le temps et l'espace

Cette question a porté avant tout sur le besoin d'améliorer considérablement la gestion des maladies chroniques et la valeur possible des soins de santé de première ligne comme moyen d'y parvenir. On a exigé la création de nouveaux modèles de prestation intégrée des services documentant la valeur relative de la prestation par le secteur public par rapport au secteur privé et établissant un équilibre entre les deux. Les conséquences du fardeau imposé aux soignants par l'adoption de différents modes de prestation et une meilleure documentation du rôle en pleine évolution des soins non structurés et du bénévolat ont aussi attiré l'intérêt. On a mis en évidence des rôles qui pourraient être utiles pour la technologie des soins à domicile et des soins communautaires, comme les dispositifs domestiques de surveillance de l'état de santé et les programmes sociaux comme l'aide aux soignants. Il faut concentrer les efforts sur des modèles pour les régions rurales, différents groupes socioéconomiques et différentes cultures, et non seulement sur les modèles destinés aux régions urbaines traditionnelles. Il faut enfin accorder de l'attention à la formation et au perfectionnement des effectifs afin d'accroître la capacité de fournir ce type de service.

Un dernier mot sur la santé de la population et la santé publique

Les consultations ont porté avant tout sur les services de santé. Des participants ont néanmoins soulevé l'importance de la santé de la population et de la santé publique, et en particulier l'interdépendance entre ces domaines et le besoin éventuel de services de santé et leur utilisation. Outre le lien évident entre les urgences en santé publique et la capacité de pointe qui en découle et qui est nécessaire dans les services de santé, on a soulevé des questions comme l'allégement des pressions qui s'exercent sur les ressources de la santé si l'on mettait en œuvre des services plus efficaces de prévention des maladies et de promotion de la santé. On a décrit l'impact des médecines complémentaires et parallèles sur la santé de la population comme un nouvel enjeu. On a enfin affirmé que les effectifs de la santé publique sont mal intégrés au système et qu'il faut donc offrir des incitatifs pour rehausser leur rôle comme membres fonctionnels de l'équipe de soins de santé. On a insisté particulièrement sur l'amélioration de l'état de santé et les réductions des disparités entre minorités sur le plan de la santé.

On attirera sur ces questions l'attention de l'Institut de la santé publique et des populations des Instituts de recherche en santé du Canada.