Beaucoup Plus Qu’une Simple Visite: Examen des Politiques en Matière de Visites dans Certains Hôpitaux de Soins Actifs au Canada

En 2010, le gouvernement de la Saskatchewan a entrepris de mettre en œuvre une stratégie pluriannuelle agressive à l’échelle du système afin de « transformer l’expérience chirurgicale des patients ». Bien que l’Initiative pour des soins chirurgicaux de la Saskatchewan (SkSI) ait fortement mis l’accent sur la réduction des temps d’attente pour une chirurgie élective, elle vise également, par son ampleur, la qualité, la sécurité et la viabilité des soins, ainsi que l’expérience du patient.

La présente recherche étudie de façon systématique une seule politique – la SkSI – et détermine les facteurs critiques qui facilitent ou freinent des changements d’envergure du système de santé. Les principaux résultats montrent que de grands changements à l’échelle du système, dans le cadre de la SkSI précisément, nécessitent un ensemble complexe et interdépendant de stratégies, de processus et de modalités organisationnelles.

Principales leçons à tirer de l’expérience de l’Initiative pour des soins chirurgicaux de la Saskatchewan

  • Pour réaliser une vision unifiée – réduire, à l’échelle du système, les temps d’attente pour la chirurgie élective –, il fallait fixer des buts clairs ainsi que des objectifs stratégiquement progressifs, « imposants et audacieux ».
  • Des renseignements plus complets sur la performance relative à la qualité des soins et des résultats pour les patients sont nécessaires afin de mettre en œuvre et évaluer efficacement les initiatives à l’échelle du système, telles que la SkSI, ainsi que de soutenir un système de santé plus axé sur la performance.
  • Grâce à l’application rigoureuse de la méthode LEAN, y compris les approches de planification et de déploiement stratégique Hoshin Kanri et de gestion quotidienne visuelle, on a créé un environnement pour : 1) améliorer l’alignement de l’activité des prestataires de première ligne sur l’orientation stratégique au niveau de l’organisation et du système; 2) soutenir l’utilisation quotidienne de mesures afin de stimuler les efforts d’amélioration; 3) favoriser une culture de l’amélioration continue de la qualité et 4) contribuer à des forums propices à l’engagement des équipes, au partage des connaissances, à l’apprentissage mutuel et à une responsabilisation accrue des parties prenantes.
  • Les chefs de file dans tout le système – allant des hauts dirigeants aux prestataires de première ligne – doivent participer aux processus de collaboration, au travail d’équipe et à la prise de décision collective pour apporter des changements systémiques d’envergure. Des investissements considérables sont nécessaires pour renforcer la capacité de leadership administratif et clinique à tous les niveaux du système.
  • En raison de l’autonomie dont jouissent la plupart, les médecins peuvent décider volontairement de participer ou non à des initiatives dirigées par le gouvernement, comme la SkSI. Les responsables gouvernementaux et les décideurs comptent beaucoup sur la « coopération volontaire » pour faire avancer de telles initiatives.
  • Faire participer réellement les médecins est un défi de taille. Selon les données probantes, les médecins ne prennent pas, à l’heure actuelle, suffisamment part à des processus de collaboration et de prise de décision tant au niveau régional qu’au niveau du système.
  • Dans une structure essentiellement hiérarchique, le réseau établi stratégiquement pour la SkSI met à contribution un groupe vaste et diversifié de parties prenantes au niveau de la direction et de la gouvernance, y compris des conseillers des patients et des familles. Leurs idées et leur énergie ont ainsi alimenté collectivement l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan global pour remédier au problème des temps d’attente et améliorer l’expérience chirurgicale des patients.