Entrevue de la FCASS avec Valerie MacDonald de Fraser Health, Dolores Langford de Vancouver Coastal Health et Judy Battista (C.-B.)

octobre 2015

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Gauche à droite : Judy Battista, Valerie MacDonald, Dolores Langford

Occasionnellement, nous nous entretenons avec des chefs des projets en cours, soutenus par la FCASS. Ce mois-ci, nous présentons un projet conjoint entre Fraser Health et Vancouver Coastal Health en C.-B. et dirigé par l’une des 22 équipes d’organismes de santé partout au Canada qui participent au projet collaboratif de la FCASS, Agir en partenariat avec les patients et les familles pour l’amélioration de la qualité, visant à renforcer la capacité des organisations au Canada à s’associer avec les patients et les familles afin d’améliorer les soins dans le continuum.


La chef de projet Dolores Langford ainsi que la responsable de l’évaluation et de la mesure du rendement Valerie MacDonald et la conseillère auprès des patients et des familles Judy Battista décrivent les progrès de leur projet « Good to Go » : une transition fluide et sécuritaire de l’hôpital à la maison, suite à une fracture de la hanche, depuis son lancement officiel en juillet 2014.

Comment les autorités sanitaires Fraser et Vancouver Coastal ont-elles décidé d’entreprendre ce projet?

Nous apprenions des écrits que 50 pour cent des patients ne retrouvaient pas leur niveau de mobilité avant la fracture et que 30 pour cent décédaient dans la première année suivant la chirurgie de fracture de la hanche. Selon nos recherches antérieures, les patients et les familles disaient se sentir confus, accablés et bouleversés une fois de retour à la maison après une chirurgie de fracture de la hanche. Ils ne disposaient pas des renseignements de base sur la façon de prendre en charge leurs besoins de soins et de rester en sécurité chez eux. Nous pensions qu’avec l’éducation et le soutien, l’expérience de nos patients pourrait être améliorée et nous savions aussi que la participation des patients et des familles avec le personnel dans la restructuration des soins serait la meilleure voie vers l’amélioration.

Pouvez-vous, s’il vous plaît, décrire votre projet et votre population cible?

Une fracture de la hanche est un événement qui change la vie avec des conséquences physiques et psychologiques graves, y compris la déficience fonctionnelle à long terme et, dans certains cas, la mort. En fait, 95 pour cent des fractures de la hanche sont causées par une chute et ces chutes sont souvent liées à la maladie. L’âge moyen des patients qui subissent des fractures de la hanche est de 83 ans et la plupart d’entre eux ont deux ou plusieurs maladies chroniques. Une fracture de la hanche est un « traceur » de fragilité et les enseignements tirés de cette population sont transférables à d’autres populations de patients plus âgés.

L’objectif de notre projet était d’améliorer l’expérience des patients dans leur transition à la maison après une fracture de la hanche, en déterminant les outils et les processus optimaux pour soutenir l’autoprise en charge, la confiance et la compétence des patients/familles. En collaboration avec la Dre Maureen Ashe, une équipe provinciale a élaboré Fresh Start (FS), une trousse d’outils pour les patients ayant subi une fracture de la hanche et leur famille. Cette trousse d’autoprise en charge fondée sur des données probantes a établi un cadre pour le rôle du patient et de la famille dans le continuum des soins. Nous voulions apprendre à soutenir au mieux le retour en sécurité et en douceur des patients/familles à la maison. Nous avons recouru au Sondage sur les expériences d’hospitalisation des patients canadiens, à des entretiens qualitatifs ainsi qu’à des groupes de discussion avec le personnel et les patients pour guider notre travail et suivre nos progrès.

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Dolores Langford, coordonnatrice des services de physiothérapie, Soins de santé communautaires, Vancouver Coastal Health Authority et Kathleen Jackson, patiente du projet « Good to Go ».

Quels sont leurs problèmes de soins de santé les plus pressants sur lesquels vous vous penchez?

Nous remédions aux lacunes dans la capacité de prévoir les risques évitables pour la santé, tels que la pneumonie, l’infection ou la formation de caillots de sang, et d’y faire face, et nous offrons aussi la formation et le soutien aux patients et aux familles pour qu’ils prennent en charge leur guérison et ne perdent pas de vue les objectifs de mobilité et de santé.

Avez-vous voulu mettre en œuvre ce type d’amélioration de la qualité déjà avant de vous joindre au projet collaboratif de la FCASS?

Oui, il nous fallait faire ce travail, mais le financement, la structure et le soutien offerts par la FCASS ont servi de fondement pour poursuivre notre projet. Nous pensons que ce projet est un grand moment de notre carrière; il représente une véritable collaboration et un voyage transformateur pour nous tous.

Comment avez-vous entendu parler de cette possibilité?

Nous nous intéressions au travail de la FCASS et nous recevions régulièrement ses bulletins. Donc lorsque les détails du projet collaboratif sur la participation du patient et de la famille ont été annoncés, il semblait cadrer parfaitement avec notre philosophie et la direction que nous voulions emprunter avec notre travail.

Décrivez les leçons que vous avez apprises, vos résultats ainsi que vos plus grandes réussites à ce jour. Comment les patients et leur famille a) y sont-ils impliqués et b) ont-ils bénéficié de votre travail?

Nous avons essayé différentes façons d’offrir la trousse FS à nos patients et leur famille. Or, fournir seulement des renseignements écrits n’a pas porté des fruits. Nous nous efforcions alors de donner des cours de groupes, mais nous avons trouvé qu’il était impossible de répondre aux divers besoins individuels compte tenu de l’emploi du temps de la population et des familles. Comme nous avons également appris qu’un sous-ensemble de patients ne se souvenait pas de l’enseignement à l’hôpital, nous allons maintenant mettre à l’essai des visites de suivi à domicile ciblées.

Quelles stratégies avez-vous utilisées pour informer et mobiliser des prestataires communautaires?

Notre conseillère auprès des patients, Judy Battista, a contribué à faire entendre la voix des patients et des soignants. Nous avons également commencé à travailler avec une équipe interdisciplinaire de professionnels de la santé à domicile sur un projet pilote visant à offrir un soutien structuré à la maison.

Quels ont été vos plus grands défis et obstacles?

Notre plus grand défi a été la communication entre les établissements – nous travaillons dans le cadre de deux autorités sanitaires grandes et diversifiées, ayant des cultures et des populations très différentes. Nous constatons aussi qu’un effort concerté est nécessaire pour coordonner les réunions de soutien à l’autoprise en charge et d’encadrement avec les patients et les familles et que le temps est précieux. C’est un changement de culture pour le personnel que de reconnaître que cet investissement en temps est d’une importance vitale pour la sécurité et l’expérience des patients.

Dans quelle mesure le personnel est-il impliqué?

Nous sommes frappés par le degré d’engagement de notre personnel. Nous avons, dans chacun de nos établissements, des champions enthousiastes qui recueillent les réactions des patients et les transmettent au personnel des lieux de soins. Nous avons eu un groupe de discussion réunissant le personnel et les patients. C’était intense pour le personnel d’entendre directement les patients parler de leurs expériences et de leurs idées d’amélioration.

Votre haute direction vous appuie-t-elle?

Oui, nous avons eu le soutien et les encouragements de notre haute direction dès le début, et le projet s’inscrit d’ailleurs tout à fait dans les priorités stratégiques de nos autorités sanitaires, à savoir des soins centrés sur le patient et la participation du patient. Notre projet a été cité par Agrément Canada comme une initiative à diffuser et il a été apprécié par la haute direction.

Dans quelle mesure le financement et le soutien de la FCASS vous aident-ils à atteindre vos objectifs?

L’apprentissage hors du commun dans le cadre du projet collaboratif a été rendu possible grâce à la communication régulière, aux webinaires de formation et d’échanges ainsi qu’à la plateforme de collaboration fournie par la FCASS. Nous avons également reçu des conseils judicieux de nos conseillères Heather Thiessen et Lena Cuthbertson.

Comment comptez-vous maintenir les améliorations de la qualité de vie pour ces patients?

Nous avons en place un plan de viabilité pour poursuivre notre travail après la fin du projet collaboratif et une grande partie de notre travail, comme les outils de communication, a maintenant été intégrée à la pratique quotidienne. Nous continuons également la phase 2, en mettant à contribution Home Health dans un projet pilote communautaire afin de fournir aux patients un soutien à domicile fondé sur des données probantes.

Envisagez-vous la possibilité d’étendre votre travail à d’autres établissements dans votre région?

Absolument, nous travaillons avec le groupe provincial Hip Fracture Redesign de la C.-B. pour assurer que les connaissances tirées de notre projet soient appliquées à tous les 28 hôpitaux de la Colombie-Britannique.