Conversations sur l’amélioration : Entrevue avec Dr Tara Sampalli,
Autorité sanitaire de la Nouvelle-Écosse – Zone centrale (anciennement Capital Health)

juillet 2015

Improvement Conversations: Interview with Tara Sampalli

Les représentants de Autorité sanitaire de la Nouvelle-Écosse – Zone centrale (anciennement Capital Health)et le personnel de direction du CCLS lors de la remise des prix du Collège : l’initiative My Care My Voice reçoit le Prix 3M de la qualité pour les équipes de soins de santé. Dr Sampalli, le troisième à partir de la gauche.

Une nouveauté occasionnelle : nous nous entretenons avec des chefs des projets actuellement en cours soutenus par la FCASS. Ce mois-ci, Dr Tara Sampalli, directrice adjointe, Recherche, qualité et gestion des connaissances, du service de soins primaires de l’Autorité sanitaire de la Nouvelle-Écosse (NSHA) – Zone centrale, décrit les progrès accomplis par son équipe dans la réduction des temps d’attente des patients ayant besoin de soins complexes. Ce projet a récemment remporté le Prix de la qualité, catégorie Or, de la NSHA et le Prix 3M de la qualité pour les équipes de soins de santé décerné par le Collège canadien des leaders en santé (CCLS).


Pouvez-vous, s’il vous plaît, décrire brièvement le projet My Care My Voice qui vient d’obtenir ces prestigieux prix?

L’initiative My Care My Voice du Integrated Chronic Care Service (ICCS)vise à améliorer l’expérience et la participation des patients en leur donnant l’occasion de se prononcer sur la
prestation des soins offerts lors de la prise en charge des maladies chroniques complexes. Outre cet objectif premier, l’initiative a également permis de réduire les temps d’attente.

Voir la vidéo sur l’initiative My Care My Voice, « ICCS initiative to improve care for complex patients ».

Quels sont les principaux résultats qui ont assuré la réussite de ce projet?

Premièrement, l’inclusion dans notre processus de prestation des soins un volet sur la participation des patients qui donnent « une voix » à ces derniers  de l’admission à la transition, de sorte qu’ils puissent à la fois être informés et collaborer (le cadre de l’IAP2). Deuxièmement, la réduction des temps d’attente qui sont passés de 13 mois en 2012 à zéro en 2015.  Lire l’article.

Quels sont les patients touchés par ce projet et dans quelle mesure a-t-il amélioré les soins qui leur sont offerts?

Les patients atteints de multiples maladies, de pathologies que la médecine ne peut expliquer, d’affections idiopathiques, de douleur chronique, de fibromyalgie et de troubles connexes ainsi que les personnes qui ont d’importantes limitations fonctionnelles même si elles ont bénéficié d’interventions médicales. Ces patients peuvent être de grands utilisateurs du système, de grands consommateurs des services d’urgence et de soins primaires parce que, en raison des difficultés posées par leurs maladies chroniques qui s’accompagnent d’une myriade de symptômes, les services de santé qu’ils reçoivent sont insuffisants.

Ces personnes doivent aussi relever des défis considérables au quotidien et ont une piètre qualité de vie à cause de leurs besoins complexes. En réduisant les temps d’attente pour les services de santé, en permettant aux patients d’avoir accès à des soins adéquats et en temps opportun, et en faisant en sorte qu’ils aient voix au chapitre pour la prestation des services de santé, nous pouvons les soutenir pour qu’ils puissent expliquer, lors de leur admission, les lacunes dont souffrent les soins qu’ils reçoivent et collaborer à l’élaboration d’un plan de soins convenable. Nous pouvons aussi aider les patients à atteindre leurs objectifs en vue d’améliorer leur santé fonctionnelle grâce à des traitements, des outils et une formation appropriés.

Comment cette initiative a-t-elle découlé de votre projet soutenu par la FCASS dans le cadre de la Collaboration des organismes de santé de l’Atlantique (COSA)?

Capital Health [au moment de l’entrevue, l’organisme portait encore ce nom] a choisi quatre domaines de service pour participer à la Collaboration des organismes de santé de l’Atlantique; ICCS était l’un d’eux. L’initiative d’amélioration de Capital Health visait à améliorer les soins et l’expérience des soins des patients atteints de multiples maladies chroniques. Notre double objectif était de déterminer les améliorations et les stratégies requises à l’échelle du système et au sein des programmes pour chacun des domaines de service participants. My Care My Voice est une initiative intégrée aux programmes d’ICCS dans le but d’améliorer les soins offerts lors de la prise en charge des maladies chroniques complexes. (Pour en savoir davantage sur la prévention et la prise en charge des maladies chroniques, voir A Corridor Conversation : http://www.cdha.nshealth.ca/primary-health-care/corridor-conversation)

Avez-vous acquis des compétences, des connaissances ou des aptitudes dans le cadre de la COSA de la FCASS qui ont contribué au succès de l’initiative My Care My Voice? Veuillez expliquer.

La Collaboration des organismes de santé de l’Atlantique a créé plusieurs occasions très intéressantes d’apprentissage, de collaboration et de partage. La possibilité d’apprendre d’experts comme le Dr Ed Wagner, de mentors exceptionnels, du formidable personnel de la FCASS et de parfaire nos connaissances grâce à la séance sur le triple objectif, aux ateliers et aux webinaires de la FCASS en plus d’avoir accès à des outils et de bénéficier de soutien a grandement contribué au succès de notre initiative.

Ces deux projets visaient à améliorer les soins aux malades chroniques. Pourquoi est-ce un problème aussi urgent et quels en sont les principaux défis?

Nous sommes conscients du fardeau et des défis que représentent la gestion des maladies chroniques à divers niveaux – pour le système, les programmes, les patients et les prestataires. Les multimorbidités ajoutent à ces difficultés déjà trop bien connues. En Nouvelle-Écosse, ces problèmes sont encore plus criants qu’ailleurs au pays. Pouvoir se pencher sur ces questions a été une occasion précieuse à saisir et qui arrivait à point nommé.

Quelle est la plus grande difficulté liée au soutien et à la diffusion des efforts d’amélioration?

La récente fusion en une seule autorité sanitaire en Nouvelle-Écosse peut représenter à la fois un défi et une opportunité en ce qui a trait à la diffusion et à la pérennité de nos efforts d’amélioration. Veiller à ne pas perdre de vue la véritable finalité de cette initiative et le nouveau mode de collaboration avec nos patients sera une occasion d’apprentissage pour notre équipe de soins et pour nos patients.

Comment continuerez-vous à soutenir et à diffuser l’initiative My Care My Voice?

La méthodologie et l’approche que nous avons adoptées comportent des éléments généralisables et des occasions de diffusion. Nous avons publié nos travaux justement pour soutenir le processus de diffusion. La réduction des temps d’attente pour les soins médicaux est un enjeu important des services de santé. Déjà, cette initiative et le modèle de soins de l’ICCS gagnent en importance et suscitent beaucoup d’intérêt dans la province, au Canada et à l’étranger.

Voir la vidéo sur l’initiative My Care My Voice, « Improving Wait Times to Care for Individuals with Multimorbidities and Complex Conditions ».