Entrevue de la FCASS avec Daile Moffat, Vice-présidente, Qualité et services de conseil, Sienna Senior Living, Ontario

juin 2016


À l'occasion, nous réalisons des entrevues avec les dirigeants de projets appuyés par la FCASS. Ce mois-ci, nous dressons le portrait des résidences Sienna Living et de leur participation au projet collaboratif sur la réduction des antipsychotiques.


Veuillez décrire votre participation à la FCASS et à ses programmes.

Sienna Living a pris part à une initiative liée à la réduction des antipsychotiques. Nous avons choisi l’établissement de soins de Sienna où l’utilisation des antipsychotiques était la plus élevée à ce moment-là, selon les indicateurs de l’ICIS. Deux consultants de nos services de soutien ont assisté à une séance de formation sur le lancement à la FCASS avant le début du projet. La formation portait sur tous les outils disponibles pour aider à la planification, la communication et le lancement du projet qui regroupe une équipe interprofessionnelle.

Quels sont les projets d’amélioration entrepris par votre équipe?

Notre objectif était de réduire de 30 % en un an l’utilisation des antipsychotiques chez les personnes ayant reçu un diagnostic pertinent dans notre établissement de soins de longue durée, connu sous le nom de Camilla, et ce, sans augmentation des problèmes de comportement. Au départ, nous avons sélectionné 95 résidents comme candidats potentiels pour la réduction des antipsychotiques. Au total, 41 résidents ont cessé de prendre le médicament et six autres ont pu en réduire la dose. Par conséquent, le projet a été étendu à nos centres de Streetsville et Cheltenham, qui étaient disposés à y participer. Ces deux établissements ont adopté la même approche que Camilla. Streetsville a réduit de 60 % le recours aux antipsychotiques parmi 25 résidents sélectionnés. Nous avons dépassé notre objectif et obtenu un taux global de réduction de 54 % dans les trois établissements.

Votre innovation vise à résoudre des problèmes clés.

Les problèmes que nous voulions résoudre sont les suivants : réduire l’utilisation inappropriée des antipsychotiques dans nos établissements de soins; mettre en place un processus collaboratif au sein de l’équipe interprofessionnelle chargée de la gestion du recours aux antipsychotiques; favoriser une participation accrue dans le cas des résidents qui ont cessé ou diminué les antipsychotiques; étendre le projet à d’autres établissements au fil du temps pour atteindre les résultats escomptés.

Barbara's Story

Comment votre innovation améliore-t-elle les soins pour les patients, les familles et les soignants?

Ce processus a renforcé la collaboration au sein de l’équipe interprofessionnelle et a incité les gestionnaires de l’établissement ainsi que les médecins traitants à l’adopter. De plus, les programmes d’éducation offerts au personnel autorisé, au personnel du programme et au personnel de la pharmacie ont aidé à renforcer les capacités et à accroître la confiance du personnel. Les membres de l’équipe de soins, qui a aussi adopté le processus, a pu tenir des conversations avec les membres des familles à propos du projet sur les antipsychotiques. Aujourd’hui, les établissements affirment que les membres des familles estiment que leurs proches sont plus alertes et participent davantage aux conversations. La plupart des familles sont reconnaissantes de l’interruption des médicaments après avoir constaté les résultats positifs de cette mesure et la participation accrue.

Votre projet permettra-t-il de réaliser des économies? Si oui, veuillez préciser.

Nous réalisons des économies en réduisant l’administration de médicaments aux résidents ainsi qu’en termes de temps passé avec les résidents qui prennent des antipsychotiques et ont des effets indésirables, ce qui nous permet de passer plus de temps avec un résident en particulier.

Que pensez-vous de votre expérience de travail avec la FCASS?

Notre expérience de travail avec la FCASS a été très positive. Les outils proposés étaient faciles d’accès et conviviaux. Nous avons reçu une aide inappréciable pour faire connaître le projet au personnel, aux médecins, aux pharmaciens, aux conseils consultatifs de la famille et aux membres des familles.

Quel type de soutien la FCASS vous a-t-elle fourni à vous et à vos équipes?

La FCASS nous a fourni des ressources de formation comprenant des présentations Power Point, des exemples pour amorcer le dialogue avec les familles sur les antipsychotiques et des outils de renforcement des capacités en matière de médicaments antipsychotiques.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées au cours du projet? Comment les avez-vous surmontées?

Le degré de préparation à la participation au projet collaboratif n’était pas le même dans tous les établissements. Sienna Living a dû travailler fort pour obtenir l’adhésion des établissements de soins qui hésitaient à emboîter le pas. En outre, si la plupart des familles se réjouissaient de l’élimination des antipsychotiques, certaines s’y opposaient et ont refusé de participer parce qu’elles étaient convaincues que les antipsychotiques donnaient de bons résultats pour leurs proches. Par ailleurs, certaines familles ne comprenaient pas les symptômes associés à la réduction des antipsychotiques et ont demandé à ce qu’on recommence à les administrer à leurs proches.

Quelle a été la rétroaction sur vos projet jusqu’à présent?

Nos établissements de soins ont indiqué que les familles estiment que leurs proches sont plus alertes et participent davantage aux conversations lorsqu’ils cessent de prendre des antipsychotiques ou prennent des doses plus faibles. La rétroaction des équipes interprofessionnelles a été très positive. L’identification des candidats à l’aide des indicateurs de qualité et des résultats des évaluations a aidé le personnel à déterminer précisément la situation des résidents qui sont sous leurs soins. L’équipe peut ainsi décider quel est le meilleur candidat et fournir une information pertinente qui incite les médecins et les pharmaciens à participer.

Pouvez-vous nous faire part de certains résultats de votre projet d’amélioration?

Les premiers résultats enregistrés dans les trois établissements de soins qui ont pris part au projet montrent que nous avons dépassé notre objectif de réduire de 30 % l’utilisation des antipsychotiques et que nous avons obtenu un taux global de réduction de 54 %. Dans l’ensemble, Sienna Living a continué à réduire le recours aux antipsychotiques parmi les personnes qui n’ont pas reçu de diagnostic de psychose. Grâce à notre plateforme d’amélioration de la qualité, notre programme de réduction de l’utilisation des antipsychotiques connaît un succès constant. À ce jour, la tendance est favorable dans 23 des 35 établissements de soins : de 29 % à 68 % d’entre eux ont réduit ou éliminé les antipsychotiques au cours du dernier semestre. Tous les établissements de soins de Sienna Living utilisent désormais les outils de la FCASS pour étendre ce projet bénéfique.