Améliorer la vie des patients des foyers de soins personnels à Winnipeg et ailleurs : Une approche novatrice donne lieu à d’importantes économies

Le problème

Depuis des années, les prestataires de services de santé de l’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) amassent des données afin d’évaluer les besoins des résidents, hommes et femmes, des 38 foyers de soins personnels de l’organisme. Ces bases de données – nommées Minimum Data Set (MDS) et Resident Assessment Instrument (RAI) – font l’objet d’une compilation trimestrielle. L’équipe du projet d’amélioration s’est demandé si ces données pouvaient aider les prestataires de services de première ligne à améliorer les soins offerts aux résidents et à réduire les coûts de l’ORSW.

La solution

Joe Puchniak et Cynthia Sinclair, directeurs du programme de soins personnels de l’ORSW, ont élaboré un projet d’amélioration dans le cadre du programme FORCES en vue de déterminer si ces données pouvaient ouvrir des perspectives sur l’utilisation des antipsychotiques dans la prise en charge des résidents atteints de démence. Plus précisément, ils cherchaient à savoir s’il était possible de réduire le recours à ces médicaments sans provoquer des changements de comportement indésirables chez les résidents. Grâce à l’appui d’Arlene Wilgosh, présidente directrice-générale de l’ORSW, le succès du projet a dépassé les attentes de l’équipe.

« J’ai été ravi de contribuer à l’orientation d’un projet qui a permis d’améliorer la qualité de vie des résidents et de réduire le fardeau financier pour le système de santé. »
–Joe Puchniak, Directeur, Relations avec les clients – Alberta, Institut canadien d’information sur la santé.

Résultats et impact

Joe Puchniak et Cynthia Sinclair ont constaté que les établissements où les résidents atteints de démence utilisaient beaucoup moins d’antipsychotiques faisaient appel au modèle de soins PIECES (capacités physiques, intellectuelles et émotionnelles, environnement et contexte social). Le modèle de soins PIECES encourage le personnel à traiter les patients non seulement en fonction de leur dossier médical, mais aussi en tenant compte de leur histoire personnelle – leur ancienne carrière, par exemple.

Au cours des six mois qu’a duré le projet d’amélioration, 19 des 70 résidents qui recevaient des antipsychotiques (27 %) ont cessé la médication. Cela représente une diminution de 25 % de l’administration d’antipsychotiques à l’ensemble des résidents, et ce sans qu’augmentent les troubles de comportement ou le recours à la contention.

La réduction de l’utilisation de ces médicaments dans l’établissement à l’étude a permis d’économiser 10 000 $. Forts de ces résultats remarquables, Joe Puchniak et Cynthia Sinclair ont élaboré un plan d’activités afin de mettre en œuvre le projet d’amélioration dans les 38 autres foyers de soins personnels de l’Office régional de la santé de Winnipeg.

La diffusion

Au Canada, un résident d’un établissement de soins de longue durée sur trois prend des médicaments antipsychotiques sans qu’un médecin ait établi un diagnostic de psychose. Choosing Wisely Canada a constaté que les médicaments antipsychotiques étaient le traitement de choix des troubles de comportement et des symptômes psychologiques associés à la démence, ce qui pourrait porter préjudice aux patients. Puiser dans les données et l'histoire des patients pour remplacer les médicaments par des solutions novatrices telles que des activités récréatives pour les résidents atteints de démence est une bonne idée qu'il vaut la peine de diffuser.

En 2014, la FCASS a annoncé un projet collaboratif portant sur la Réduction de l’utilisation des antipsychotiques dans les établissements de soins de longue durée, l'une des deux collaborations pancanadiennes de l'Initiative de diffusion des innovations dans les services de santé. Ces collaborations rassemblent des organisations pour apporter des changements durables qui permettent d’améliorer l’expérience et les résultats pour les patients, de mieux coordonner les approches pour répondre aux besoins de santé complexes et de maximiser l’efficacité des services de santé. La FCASS offre à 15 équipes de partout au Canada du financement, de l’encadrement, des documents et outils didactiques et d’autres formes de soutien afin de réduire l'utilisation inappropriée des antipsychotiques dans les établissements de soins de longue durée chez les personnes souffrant de démence. Cynthia Sinclair et Joe Puchniak sont jointe aux enseignants de ce projet pour aider d'autres organismes à adapter et mettre en œuvre cette approche qui a remarquablement porté ses fruits à Winnipeg. On s'attend à ce que les résidents de plus de 50 établissements au Canada profitent de cette initiative qui promet d'améliorer leur état de santé et leur qualité de vie et de réduire les risques de chutes.

« L’utilisation des médicaments antipsychotiques comme traitement de choix des troubles de comportement et des symptômes psychologiques associés à la démence est une pratique qui peut être extrêmement nocive pour les patients. Voilà pourquoi la Société canadienne de gériatrie encourage les prestataires de services de santé, les patients et leurs soignants à choisir avec soin comme le préconise la campagne « Pensez-y bien » de Choosing Wisely Canada. Nous sommes heureux de constater que la Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé appuie des équipes qui prennent des décisions fondées sur des données probantes pour améliorer les soins aux patients. »
–Dre Karen Fruetel, vice-présidente, Société canadienne de gériatrie et membre de Choosing Wisely Canada



Cynthia Sinclair Cynthia Sinclair
Directrice des soins
Fred Douglas Lodge
Winnipeg (Manitoba)
Joe Puchniak Joe Puchniak
Travailleur social hospitalier, CHE
Directeur, Relations avec les clients – Alberta
Institut canadien de l’information sur la santé (ICIS)
Victoria (Colombie-Britannique)
Arlene Wilgosh Arlene Wilgosh, PDG
Office régional de la santé de Winnipeg
Winnipeg (Manitoba)

Pour en savoir plus sur ce projet ou le programme FORCES, veuillez visiter www.fcass-cfhi.ca/forces