Nouveaux résultats nationaux - Retirer les antipsychotiques aux personnes âgées permet une nette amélioration des soins

56 établissements de soins de longue durée du Canada mettent fin à l’utilisation inappropriée de médicaments

Ottawa (Ontario) – 16 mai 2016 – La Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé (FCASS) a rendu publics aujourd’hui les résultats d’une initiative pancanadienne visant à réduire l’utilisation inappropriée de médicaments antipsychotiques chez les aînés dans les établissements de soins de longue durée (SLD) : moins de chutes, moins de comportements agressifs et de résistance aux soins et amélioration de la qualité de vie des résidents et de leur famille.

En 2014-2015, la FCASS a travaillé avec 56 foyers de SLD qui ont accepté de retirer des antipsychotiques aux résidents à qui on a prescrit ces médicaments de façon inappropriée.

« Les antipsychotiques sont souvent administrés aux patients atteints de démence pour contrer la résistance aux soins et d’autres comportements difficiles », affirme Stephen Samis, vice-président, Programmes, à la FCASS. « Mais ils présentent peu d’avantages et ils peuvent avoir des effets nocifs, sans compter que leur surconsommation peut entraîner des complications ─ en particulier des chutes qui finissent par donner lieu à des visites inutiles aux urgences. Les prestataires de SLD sont d’avis que, grâce à cette initiative qui réduit le recours à ce type de médicament, les soins des résidents et la culture au sein de leur établissement se sont améliorés. Mais, surtout, les membres de famille disent avoir retrouvé leurs proches. »

Après un an seulement, les premiers résultats pour un échantillon de 416 résidents de ces établissements indiquent que :

  • on a réduit ou supprimé les médicaments antipsychotiques chez 54 % des résidents (réduction chez 18 %; élimination complète chez 36 %);
  • parmi ces résidents, on constate :
    • une réduction de 20 % du nombre de chutes;
    • une réduction de 33 % de la violence verbale;
    • une réduction de 18 % de la violence physique;
    • une réduction de 26 % des comportements socialement inacceptables;
    • une réduction de 22 % de la résistance aux soins.
  • « L’élimination du recours aux antipsychotiques inquiétait grandement, car on croyait que cela augmenterait les comportements agressifs. C’est ce type de comportement qui a d’abord poussé les établissements à utiliser les antipsychotiques. Notre initiative a non seulement donné lieu à une diminution notable, mais elle a mis un terme aux débats à ce sujet », a déclaré M. Samis.

    Prévisions pour les cinq prochaines années
    De récentes études révèlent que dans les établissements de soins de longue durée au Canada, plus d’une personne âgée sur quatre (27,5 %) prend des médicaments antipsychotiques sans qu’un diagnostic de psychose ait été établi. Si on mettait les résultats de l’initiative de la FCASS à l’échelle pancanadienne, les prévisions pour les cinq prochaines seraient les suivantes, selon les estimations :

    • 35 000 résidents d’établissements de SLD par an pourraient diminuer ou supprimer les antipsychotiques;
    • 25 millions de prescriptions d’antipsychotiques pourraient être évitées;
    • 91 000 chutes pourraient être évitées;
    • 19 000 visites à l’urgence pourraient être évitées (une diminution de 8 %);
    • 7 000 hospitalisations pourraient être évitées (une diminution de 8 %).

    « Les prévisions de la FCASS montrent également une économie possible de 194 millions de dollars en coûts directs en services de santé ─ même en tenant compte du coût de la mise en œuvre du programme », ajoute Stephen Samis.

    Un portrait troublant
    En outre, il existe un écart inquiétant entre les provinces quant à l’utilisation des antipsychotiques en SLD sans diagnostic de psychose. Seuls cinq provinces et un territoire rendent publiques des données sur l’utilisation potentiellement inappropriée d’antipsychotiques dans les établissements de soins de longue durée, obtenues à l’aide d’interRAIMD – un système d’information sur la santé qui utilise des mesures communes pour améliorer la qualité des soins. Ces données sur les résidents des foyers de SLD varient d’un faible 21,1 % en Alberta à près du double à Terre-Neuve-et-Labrador.

    Utilisation inappropriée potentielle en SLD – 2014-2015

     Canada – moyenne nationale  27,5% 
     Alberta  21,1%*
     Colombie-Britannique  31,2%*
     Manitoba  Données non disponibles **
     Nouveau-Brunswick  Données non disponibles **
     Terre-Neuve-et-Labrador  38,2%*
     Territoires du Nord-Ouest  Données non disponibles **
     Nouvelle-Écosse  Données non disponibles **
     Nunavut  Données non disponibles **
     Ontario  27,3%*
     Î.P.É.  Données non disponibles **
     Québec  Données non disponibles **
     Saskatchewan  31,3%*
     Yukon  27,5%*

* Les données interRAIMD sur les SLD dans l’ensemble des provinces et territoires sont disponibles.
** Les données interRAIMD sur les SLD dans l’ensemble des provinces et territoires ne sont pas disponibles.

«Certaines provinces comme la Colombie-Britannique et l’Alberta ont adopté une stratégie de réduction des antipsychotiques, mais à l’échelle du pays, il y a encore place à l’amélioration », fait valoir Maureen O’Neil, présidente de la FCASS. « Au Canada, il n’y a aucune uniformité dans les soins des personnes atteintes de démence en raison de l’inportance des écarts dans le recours aux antipsychotiques. »

Les données probantes sur la santé révèlent que de 5 à 15 % des personnes âgées dans les établissements de soins de longue durée ont besoin de médicaments antipsychotiques, or la moyenne nationale est beaucoup élevée.

« Nous sommes de plus en plus conscients de l’utilisation inapproprié de ces puissants médicaments et nous avons démontré qu’il est possible d’offrir de meilleurs soins », poursuit Mme O’Neil. « Il est temps de prendre des mesures audacieuses pour faire en sorte qu’au Canada, toutes les personnes âgées profitent de ces programmes de réduction des antipsychotiques. »

La FCASS demande :

  • aux foyers de soins de longue durée et aux gouvernements provinciaux et territoriaux de redoubler d’efforts pour changer la culture en vue de mettre fin à la surmédication des personnes âgées qui souffrent de démence et leur donner davantage accès à des programmes de rechange;
  • aux prestataires de services de santé de mieux tenir compte de l’histoire des patients, de procéder à des vérifications plus régulières des médicaments et de faire équipe avec les membres des familles pour fournir les soins;
  • au personnel de première ligne des établissements de SLD d’adapter les services – en y incluant la musicothérapie, la zoothérapie et la récréothérapie au lieu d’avoir recours à de puissants médicaments – pour améliorer la qualité des soins et la qualité de vie des résidents.

Information additionnelle :

RiskAnalytica
Atlantique 
Ontario / Québec 
Ouest du Canada  

À propos de l’initiative
Grâce au soutien de la FCASS, 56 établissements de soins de longue durée dans sept provinces et un territoire du Canada ont réduit considérablement les prescriptions inappropriées de médicaments antipsychotiques. Des équipes interprofessionnelles ont adopté une approche de soins axés sur les patients, fondés sur les données, pour gérer les comportements perturbateurs pouvant être associés à la démence. La FCASS a offert à ces équipes une formation, un financement, un encadrement par des experts et une plateforme d’apprentissage entre pairs.

À propos de la FCASS
La Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé (FCASS) recense des innovations éprouvées et accélère leur diffusion partout au Canada, améliorant ainsi les soins aux patients, la santé de la population et l’optimisation des ressources. Ces innovations sont susceptibles de réduire les budgets de santé de plus de 1 milliard de dollars par an. La FCASS est un organisme sans but lucratif financé dans le cadre d’une entente conclue avec Santé Canada. Pour plus d’information, visiter www.cfhi-fcass.ca.

Les opinions exprimées ne représentent pas nécessairement celles de Santé Canada.

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